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 ≈ through the night, we'll be a sweet disaster. (mearphy)

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— MEMBRE ≡ The lonely wolf —
≡ avatar : tatiana maslany.
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MessageSujet: ≈ through the night, we'll be a sweet disaster. (mearphy)   Dim 8 Nov - 13:22


i don't need a knight,
so baby take off all your armor



Il ne faisait pas froid, mais il neigeait. À croire que c’était l’un ou l’autre, dans ce pays. Impossible d’avoir les deux à la fois, beau temps et températures douces, rendu en fin de journée de ce foutu mois de novembre. Sûrement le pire mois de l’année, qu’elle avait toujours pensé. Et celui-ci n’y faisait pas exception. Elle avait pourtant décidé de n’en faire qu’à sa tête, la Pendleton. Un pull un peu plus épais, sa veste sur le dos pour l’isoler un minimum, et la voilà partie. Besoin de prendre l’air, besoin de sortir d’ici. Oublier, l’espace d’un instant, à quel point un espèce de crétin suprême semblait avoir décidé de lui rendre la vie dure, bien caché là-haut. Le karma, qu’on lui avait parfois dit. Sauf que tout ça, elle n’y croyait pas. Meave, elle croyait ce qu’elle voyait. Et un divin abruti jouant aux Sims pour passer le temps, elle aurait franchement voulu pouvoir assister à ça de ses propres yeux avant de commencer à gober l’histoire. Et si un jour il s’avérait que tout ça était vrai, si un jour Dieu en personne venait lui parler, alors c’jour-là, elle se ferait nonne. Après tout, pourquoi pas ?

Le gérant de l’hôtel avait beau être désolé, elle n’arrivait pas à digérer. « Je veux bien vous laisser payer le prix actuel jusqu’à la fin de la semaine, mais après ça il faudra que je passe aux nouveaux tarifs pour vous aussi. Je suis désolé. » Désolé, désolé, désolé. Les gens étaient tous désolés. Désolés de ce qui lui arrivait, désolés qu’elle n’ait pas assez de fric pour payer. Désolés qu’elle soit tombée si bas, dans sa vie, et que personne n’ait réussi à l’empêcher de s’écraser. Désolés qu’elle soit un cas désespéré, désolés qu’on lui ait pris sa fille. Désolés que son mari se soit barré comme ça, avec pour tout argumentaire des papiers à signer et un stylo gentiment posé à côté. Désolés de voir que rien n’allait, mais heureux de voir qu’au moins, la désintoxication avait marché. On la regardait comme une pauvre bête à plaindre et à pleurer, et elle n’était pas sûre de pouvoir encore tenir très longtemps à ce rythme. Le gérant de l’hôtel était désolé et, après lui, le chauffeur de bus l’avait été, lorsqu’elle n’avait pas été capable de rassembler assez de petite monnaie pour monter. Elle avait cru voir une flamme de compassion, cru l’apercevoir cherchant l’approbation ou le secret dans les yeux des quelques autres passagers. Puis son élan de générosité était passé et il avait exprimé, à son tour, à quel point il était désolé.

Alors elle n’en avait fait qu’à sa tête, et elle s’était mise à marcher. Elle était partie en milieu d’après-midi, et la colère n’était pas vraiment retombée. Ses pensées s’agitaient dans sa tête, se fracassaient avec acharnement contre les parois de sa boîte crânienne ; elle n’arrivait pas à les calmer, ni même à les ordonner. C’était trop demander, d’arriver à tout oublier. Pas une seule minute elle n’avait réussi à se sentir parfaitement en harmonie avec le paysage qui l’entourait — pourtant le but premier de sa promenade improvisée. Et maintenant, voilà qu’elle se rendait compte qu’elle tournait en rond. Elle avait tenté de regagner la route une demi-heure auparavant, mais avait l’impression de s’enfoncer toujours plus dans la forêt. Elle aurait dû y être depuis longtemps. Ou, à tout le moins, l’apercevoir au loin. Mais rien à faire. Les bois s’épaississaient en même temps que l’obscurité. La nuit tombait, et elle sentait le froid s’installer avec elle. Elle se rendait progressivement compte qu’elle était perdue, et qu’elle allait probablement être incapable de rentrer seule. Pas d’ici l’aube, du moins. Et d’ici là, qui sait ce qui pouvait arriver. Paraît que y avait des ours, dans l’coin. Et pas vraiment du genre Teddy Bear apprivoisés.

Elle avait déjà vu ce caillou. Elle s’en souvenait, parce qu’elle lui avait trouvé une forme franchement ridicule qui avait réussi à la faire glousser. Elle s’en souvenait, et c’était absolument pas normal de le retrouver sur son chemin à nouveau. Soit quelqu'un s'était amusé à le déplacer — et ça n'avait vraiment rien de drôle —, soit c'est qu'elle était déjà passée là. La conclusion s'imposa d'elle-même : elle tournait en rond, et cette foutue impression que tout autour d’elle se ressemblait ne fit alors qu'empirer. La fille de la ville, perdue dans la forêt ; voilà qui ferait un beau titre d’article, quand on aurait retrouvé son corps gelé au petit matin. Parce que cette fois, la forme du caillou ne la faisait plus rire du tout. Cette fois elle serra la mâchoire, et sentit ses poings se crisper. Il ne s’écoula que quelques brèves secondes avant que le hurlement ne s’échappe d’entre ses lèvres. Loin d’être un appel au secours, il trahissait bien plus la colère et la frustration qu’elle avait pu accumuler au fil des jours et des heures récemment passées. Lorsqu’elle se tut, elle se rendit compte qu’elle s’acharnait à donner des coups dans cet innocent petit rocher. Elle s’en faisait mal au pied, mais elle s’en foutait complètement. À croire que la fureur — aidée par le froid — l’anesthésiait. Elle suspendit néanmoins tous ses mouvements, son torse maigrement protégé agité de sa respiration chaotique. Ses mains se passèrent dans ses cheveux. Elle les y laissa un moment, attrapant les mèches brunes pour les tirer vers l’arrière. Regardant autour d’elle, dans le vain espoir de voir quelqu’un surgir et lui dire de la fermer. Elle avait dû réveiller la forêt entière, la petite sauvage, à s’époumoner comme ça.

Finalement, elle relâcha la pression sur ses cheveux. Elle passa quelques instants sa main sur sa bouche. Le tissu doux de la mitaine absorba son haleine, la réchauffant, répandant une tiédeur agréable sur sa paume. Elle frotta ses deux mains l’une contre l’autre et les fourra finalement dans ses poches. Un dernier regard autour d’elle — toujours rien. Elle se résolut à remettre le caillou en place, du bout du pied. Comme si ç’allait changer quoi que ce soit à son accès de colère, et réparer les pots cassés sur un coup de tête. S’il suffisait de faire semblant que rien n’était arrivé pour que les choses soient pardonnées, sûrement n’aurait-elle pas été là à l’heure qu’il était.

Elle tourna les talons, décidée à marcher jusqu’à trouver une pente dans cette foutue forêt. Pente qu’elle descendrait. Car là où il y avait une pente, il y avait une vallée. Là où il y avait une vallée, dans ce genre de coin paumé, il y avait une route qui la suivait. Elle finirait bien par tomber sur quelqu’un ou quelque chose. Une voiture, un promeneur tardif, ou que savait-elle encore. Dans tous les cas, pas question de se laisser crever là, dans le froid et la neige. Les flocons s’égrenaient toujours dans son champ de vision, mais la cime des arbres permettait de les tenir hors de son chemin. Le tapis de la forêt était plus boisé qu'enneigé, et elle n’avait pas encore froid aux pieds. Et même si ç’avait été le cas, elle aurait continué de marcher. Continué, continué. Encore, et encore. Ne pas s’arrêter. Trouver une putain de sortie à ce labyrinthe sans fin.

Alors qu'elle avait repris sa marche depuis cinq bonnes minutes déjà, un craquement la fit soudain sursauter. Elle se retourna vivement, les mains toujours dans les poches, relevant expressément le menton. Un regard à droite, un regard à gauche. L’obscurité gagnait la forêt, et elle n’y verrait bientôt plus rien. Elle sortit son téléphone de sa poche et activa la lampe torche intégrée — comme quoi, le progrès ne servait pas uniquement à faire chier les vieux qui n’y connaissaient rien. Elle n’éclairait pourtant pas grand-chose, en ce début de nuit. Lorsque l’obscurité serait complète, sûrement son entreprise serait-elle plus efficace. Mais d’ici là, que dalle. D’ici là, c’était à peu près aussi inutile qu’une veilleuse dans une pièce à demi-éclairée. « Y a quelqu’un ? » Sa voix résonnait étrangement, dans cette forêt décidément trop grande, et de plus en plus hostile. Elle déglutit lentement, plissant les yeux pour chercher à détecter quelque silhouette, de près ou de loin. « HÉ OH ! » Fallait qu’elle crie, l’inconsciente. Comme ça, au moins, si y avait des bêtes sauvages dans le coin, elles pourraient se donner rendez-vous pour l’pique-nique. Vous avez faim, les gars ? Suivez les beuglements du dîner !

Visiblement, y avait personne. Pas un chat, pas un rat. Pas un loup et pas un ours, dans cette satanée forêt. Elle se retourna, téléphone à la main, prête à reprendre sa route. Et ce fut alors qu’elle le vit, à quelques pas de là. « Wow ! » fut tout ce qui accompagna le bond en arrière qu’elle fit. Elle reprit rapidement ses esprits, levant sa lampe torche improvisée vers le visage bourru, l’aveuglant sans gêne malgré la pénombre encore douce. « Faut pas faire des frayeurs aux gens comme ça, putain. » Et elle le reconnut finalement, après avoir plissé les yeux quelques instants. Le chieur du garage. Pas son premier choix, mais au bout du compte, c’était toujours mieux que rien. « Qu’est-c’vous foutez là ? » Elle avait la moue de la sceptique, sourcils et nez froncé. Sans vraiment réaliser que la présence indésirable, par ici, c’était elle bien plus que lui.

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MessageSujet: Re: ≈ through the night, we'll be a sweet disaster. (mearphy)   Mer 11 Nov - 20:43

Our time is running out.
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I think I'm drowning, Asphyxiated. I wanna break this spell That you've created. You're something beautiful A contradiction, I wanna play the game I want the friction. You will be The death of me, Yeah you will be The death of me.Bury it I won't let you bury it I won't let you smother it I won't let you murder it Our time is running out And our time is running out, You can't push it underground We can't stop it screaming out. — time is running out.

Il était tard. Trop tard sans doute pour trainer encore dans les bois. Ils étaient hostiles les bois dans le coin, enfin, pas les bois en eux-mêmes mais plutôt ce qu’il y avait dedans. Murphy, il connaissait les monstres qui vivaient dans ces bois. Il les avait vus à plusieurs reprises, il les avait chassés. Il les maudissait pour tout ce qu’ils lui avaient pris. Il connaissait les risques par terre et pourtant il était là dans les bois, comme si ça n’avait pas d’importance. Il ne venait pas pour chasser, pas ce soir. Il venait juste pour vérifier s’il n’y avait pas quelques imprudents qui avaient bêtement choisi de venir faire un tour dans ces bois. Il y en avait toujours des imprudents qui venaient trainer dans les bois, ces gens complètement cinglés qui ne comprenaient pas que c’était risqué. Ils feraient mieux de rester chez eux, s’ils tenaient un tant soit peu à la vie. Mais non, il fallait toujours qu’il y en ait quelques un pour venir faire chier. C’était à cause de ce genre de personnes que sa femme était morte, parce qu’elle était partie un soir, pour s’assurer qu’il n’y avait personne pour servir de dîner aux wendigos et cette nuit là, ça avait été elle le dîner. Il ne savait pas vraiment ce qui s’était passé, s’il y avait vraiment eu quelqu’un à sauver cette nuit dans le bois. Tout ce qu’il savait, c’était que son épouse était morte parce qu’elle avait toujours eu la volonté de protéger les gens des monstres qui vivaient dans cette forêt, de la même façon qu’elle l’avait protégé lui, des années plus tôt quand il avait décidé de venir dans ses bois pour trouver ce qui avait tué ses parents et sa sœur. Il le savait, c’était imprudent de trainer dans le coin. Tout le monde aurait dû le savoir, après tout, la rubrique nécrologie du journal était toujours bien remplie, des prétendues attaques d’animaux qui n’en finissaient plus. Mais de toute évidence, ce n’était pas ça qui empêchait les gens de venir. Il y avait bien des gens qui ne comprenaient rien à la vie de toute façon. Ceux là qu’il envoyait souvent chier dès qu’il les croisait dans le coin. Ils le méritaient de toute façon, après tout, ce n’était pas de sa faute à lui s’ils étaient complètement cons. Et puis, il fallait bien que quelqu’un leur fasse la leçon, sinon ils finiraient par recommencer et par se faire tuer. Il ne voulait pas qu’on le remercie pour les efforts qu’il faisait pour sauver des vies, juste qu’on apprenne que se promener dans les bois en pleine nuit c’était vraiment une mauvaise idée.

Il aurait presque pu espérer que ce soir personne ne fasse chier. C’était calme à première vue, sur sa route, il n’avait même pas croisé de cadavre d’animaux, c’était rassurant, ça voulait dire que les wendigos n’étaient pas encore dans le coin. Il hésitait presque à rentrer chez lui, il n’avait pas croisé de chieurs, peut-être qu’il était tant qu’il rentre chez lui avant de se retrouver décapité par l’un de ces monstres. Malheureusement pour lui, il y avait eu une voix un peu plus loin. Quelqu’un qui criait apparemment en se fichant bien de ce qui pourrait éventuellement lui tomber dessus. On leur avait dit pourtant qu’il y avait des animaux dangereux dans la forêt, mais non, il fallait quand même qu’ils viennent crier comme des malades dans les bois. Ce n’était pas possible d’être aussi débile sérieusement. S’ils tenaient à mourir, autant se jeter du haut d’une falaise ça irait plus vite et ce serait peut-être moins douloureux. Après un long soupire il avait décidé d’avancer en direction de la nana qu’il avait entendu crier. Après tout, il était là pour éviter aux imbéciles de se faire tuer, alors c’était l’heure de faire son devoir. Il l’avait retrouvée, là à crapahuter dans les bois avec son téléphone portable à la main. Maudite lampe torche qu’il se prenait en plein dans les yeux. si ça n’avait tenu qu’à lui, il aurait arraché l’objet de sa main pour le balancer plus loin, mais franchement, il n’avait pas envie de l’entrer gueuler davantage. Il fixa ses traits avec plus d’attention pour la reconnaitre. Putain, pas elle. Fallait qu’il tombe sur la chieuse du coin en plus. Génial. Qu’est-ce qu’il foutait là ? Et elle donc ? Il soupira. « Je cherche des champignons. » Il se fichait de sa gueule, bien évidemment, il le savait, elle le savait. Mais qu’importait. « Toi ? Tu cherches à te faire bouffer par un ours ? Sympa de penser à la faune du coin comme ça. » Il haussa les épaules. Ce ne serait pas un ours qui la boufferait si elle restait dans le coin comme une idiote. Mais elle aurait probablement préféré tomber sur un ours plutôt que sur ce qui l’attendait vraiment si elle restait dans le coin.

« Tu f’rais mieux de rentrer chez toi, mais je paris que tu sais pas comment faire pour rejoindre la ville. » Probablement qu’elle s’était perdue dans les bois. C’était tellement débile d’aller se promener dans le coin sans être fichu de retrouver son chemin après, mais c’était tellement courant de la part des touristes. Il avait été dans ce cas lui aussi, mais ça faisait tellement longtemps qu’il vivait là que son étape gros touriste qui connaissait pas la région, ça avait l’air de remonter à une autre vie. C’était une toute autre vie dans le fond. « Y en a qui disent qu’il suffit de suivre l’étoile du berger pour retrouver son chemin. » Il l’aurait bien laissée seulement avec cette information pas forcément utile avant de se barrer, mais il était venu l’aider alors autant aller jusqu’au bout. Un craquement derrière eux l’avait poussé à se retourner. Il éclaira le coin avec sa lampe à huile, objet assez archaïque, mais plutôt efficace quand il s’agissait de le balancer dans la tronche d’un wendigo pour le ralentir un bon coup. Enfin, pour l’instant, il n’y avait rien, mais ce bruit n’avait rien de rassurant, il fallait vraiment qu’ils se barrent d’ici avant qu’il ne soit trop tard. « Faut pas rester là. » Qu’il murmura à la jeune femme avant de lui attraper le poignet pour la forcer à bouger de là. Il n’avait pas l’intention de se faire bouffer par un wendigo lui. Y avait eu un cri strident derrière eux, il savait très bien ce que c’était. « Fait chier. » Il accéléra le pas, sa voiture n’était pas loin ils avaient une chance de l’atteindre avant qu’il ne soit trop tard. Il savait exactement où il allait lui, parce qu’il connaissait très bien le coin, contrairement à certains, pour ne viser personne et surtout pas a brune qu’il avait embarqué avec lui. Enfin, elle était là sa voiture. Y avait eu un autre cri, ce genre de cris qui collerait des frissons dans le dos de ceux qui ne connaissaient pas ces bestioles. Ceux qui les connaissaient, ils n’avaient pas le temps d’avoir peur. Le cri s’était rapproché. « Monte, magne-toi le train ! » Pas le temps d’être poli, de toute façon, même quand il avait le temps, il ne l’était pas. Il avait tourné la clef dans le contact, il entendait bien le moteur qui démarrait mais la voiture n’avançait pas. Il répéta le geste, une fois, deux fois, pourquoi est-ce qu’elle ne démarrait pas bordel ? Comme si c’était le moment. Il descendit pour regarder les pneus. Ils n’étaient pas justes à plat, ils avaient de longues griffures qui les avaient défoncés. « Fait chier, les fils de putes. » Il donna un coup de pied contre la jante de la voiture. « Faut qu’on bouge de là et vite. » Ils étaient déjà piégés, ces saloperies de bestioles leur avaient tendu un piège. Rapidement, il attrapa le fusil à pompe dans le coffre et une lampe torche qu’il balança à la brune, ce serait mieux que son portable. Il chargea son fusil et maintenant, ils allaient devoir courir s’ils voulaient s’en tirer en vie.
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MessageSujet: Re: ≈ through the night, we'll be a sweet disaster. (mearphy)   Ven 13 Nov - 1:39


so follow me into the night
cuz i got just what you need


Pour le tact et la politesse, on repasserait. Ce type était pas plus aimable ce soir que le premier jour où elle l’avait rencontré, et elle n’était pas sans ignorer qu’il en allait de même pour elle. Cette foutue tendance à dire tout ce qu’elle pensait, parfois sans filtre. Tendance à exposer sa mauvaise humeur, et à se rendre détestable même aux yeux d’un potentiel sauveur. Parce que c’était une évidence, désormais : elle ne sortirait pas de là toute seule. Elle aurait toujours tenté de le prétendre, l’orgueilleuse, avec sa fierté mal placée. Et peut-être qu’elle aurait réussi, au bout de plusieurs jours, avec son sens de l’orientation pourri. Peut-être qu’elle y serait parvenue, peut-être qu’elle s’en serait tirée. Si aucun ours n’était venu la bouffer avant, comme il venait de le lui faire si justement remarquer. Elle ignorait qu’il y avait bien plus dangereux que les ours dans les parages, mais elle s’en foutait. SI on le lui avait raconté, sûrement ne l’aurait-elle de toute manière pas cru.

Et qu’elle hausse les épaules, l’effrontée. Elle s’en fiche pas mal de la manière dont il lui parle, ou de ce qu’il peut bien penser d’elle et de ses promenades intempestives. Tout ce qu’elle veut, c’est rentrer chez elle. Sortir de cette foutue forêt, et aller se coucher au fond de son lit moisi, grinçant et inconfortable. Bouffer, aussi. Il est bien loin, le sandwich de ce midi, et elle est plus proche de s’auto-digérer qu’autre chose. « Tu m’as pas l’air du genre à faire une fricassée. Ou p’t-être que c’est pour assaisonner l’assiette de l’ours. » Faut qu’elle réponde avec sa mauvaise humeur habituelle, comme si elle n’avait pas digéré le fait qu’il ait vendu la voiture sur laquelle elle louchait depuis son arrivée. Oh, attendez. Elle n’avait pas digéré. « T’as l’œil, hein ? » Ouais, elle était perdue. Ouais, ça la faisait chier. Ouais, elle commençait à avoir froid, elle était morte de faim, et cette putain de ville baissait jour après jour dans son estime. Mais elle n’en était pas encore au point de supplier qu’on la ramène. Et surtout pas à ce type-là.  Sa remarque sur l’étoile du berger lui fit lever les yeux au ciel. Elle s’en priva pas, de montrer son énervement, et la grimace qui se peignit sur son visage, l’espace d’un instant, insista efficacement. « J’ai pas fait d’astronomie, Einstein, sinon faut croire que j’serais déjà grimpée en haut d’un arbre pour me la jouer Bilbo Hobbit et retrouver mon chemin. » Les références, c’est comme pour la politesse : on repassera.

Soudain, il se retourne. Il lève sa lampe et éclaire les bois, comme s’il s’attendait à voir quelque chose lui sauter à la figure. Par réflexe, elle éteint la lampe de son téléphone, et elle le fourre dans sa poche. De toute façon, elle n’y voit pas mieux, ni moins bien. Et elle peut pas s’empêcher de casser la sale ambiance — railler plutôt que de s’avouer un tantinet pas rassurée, le grand secret. « Wow, j’savais même pas que ça existait encore, ces trucs-là. Tu l’as trouvée où, ta lampe, dans un musée ? » C’est comme si ses mots étaient tombés dans un trou noir. L’autre les ignore complètement, et il se contente de lui dire qu’il faut dégager. Elle va pour protester, mais elle n’en a pas le temps. Le Blackwell lui attrape le poignet, et ils se mettent à marcher. Elle pense bien à gueuler, mais elle a entendu le cri, elle aussi. Elle sent la peur commencer à se frayer un chemin dans ses veines, et l’adrénaline la pousser à accélérer pour ne pas perdre l’autre de vue. Ils arrivent rapidement au véhicule. Et malgré la frustration de se voir parler comme si elle n’était qu’un poids ou pire, un chien, elle s’exécute. La portière claque derrière elle, et il est à peine monté à ses côtés qu’il tente de démarrer. Y a un truc qui l’effraie, mais elle ignore de quoi il s’agit. Un truc qui hurle, et qui n’hurle pas comme un ours. Pourtant, elle essaie de se calmer. De se rassurer, et de se dire qu’il lui monte juste une sacrée farce pour lui faire passer l’envie de recommencer ces petites promenades dans sa forêt. Mais la voiture, elle démarre pas. Et il fait pas semblant, cette fois. Il n’ouvre pas le capot, il sait que ça ne vient pas de là. C’est son boulot, quand même. Et c’est dans les jantes qu’il donne un coup de pied, sous le regard inquiet et un peu dépassé de la petite américaine. Elle sort de la voiture quand il déclare qu’il faut bouger. Elle se pose pas de questions, bien trop alertée par la sincérité de l’empressement de son sauveur. Et elle attrape la lampe de poche qu’il lui lance, réussissant à ne pas l’échapper. Enfin un peu d’modernité. Finalement, il ne connaissait pas que les antiquités volées au musée.

Pourtant, elle garde la plaisanterie bien au chaud. Elle est passée à côté des roues quand il chargeait son fusil, et elle a vu les lacérations sur les pneus. Elle a senti sa gorge se nouer, mais quelques mots soufflés s’en sont tout de même échappés, peu rassurés. « Putain, ils sont sacrément intelligents vos ours. » Elle se doute que ça va encore tomber dans le vide, mais elle s’en fout. À dire vrai, c’était plus pour elle que pour lui. Lui, il était déjà parti. Et elle lui emboîte le pas, la petite Pendleton, perdue par tout ça. Suffisamment d’instinct pour comprendre qu’un truc les suit. Et suffisamment de volonté de survie pour commencer à courir à toutes jambes à sa suite. Elle aussi, elle en a dans le coffre. Le point de côté, ce sera pour plus tard. Faut se grouiller, et elle le sait. Faut se grouiller, ou elle le sent.

Elle sent qu’c’est ça, ou y bien rester.

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MessageSujet: Re: ≈ through the night, we'll be a sweet disaster. (mearphy)   Sam 28 Nov - 18:58

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Murphy, il n’était pas très doué pour faire preuve de gentillesse et de politesse. Ce n’était pas comme s’il en avait grand-chose à faire des gens auxquels il s’adressait. Surtout quand ils étaient débiles. Et, bon dieu cette fille, elle faisait partie des gens qui d’après lui avaient touché le fond. C’est qu’il ne comprenait pas pourquoi les gens s’acharnaient à aller dans la forêt la nuit alors qu’on n’arrêtait pas de leur balancer des morts à gogo dans les journaux. Des attaques d’animaux qu’ils disaient dans les news. Une belle connerie, mais les morts eux, ils étaient vrais, alors ça aurait dû freiner les imbéciles décidés à aller se balader dans les bois à n’importe quel heure du jour et de la nuit, de la nuit surtout, parce que la journée encore, ça allait, ce n’était pas très dangereux. Murphy avait espoir qu’un jour les gens comprennent que c’était débile, mais probablement qu’il serait mort de vieillesse avant que ce jour n’arrive. Heureusement, il avait probablement plus d’années derrière lui que devant lui. Enfin, il était persuadé que ce ne serait pas la vieillesse qui aurait raison de lui, y avait peu de chance pour qu’il meurt tranquillement dans son sommeil, qu’il s’endorme un jour pour ne jamais se réveiller. Non, lui, il allait mourir en servant de dîner aux wendigos et pas parce qu’il ne savait pas comment faire pour s’en débarrasser, ça il le savait très bien, alors ce ne serait pas une connerie de sa part qui le tuerait. Ce serait la foutu débilité des gens. C’est gens comme la brune qu’il avait en face de lui. Des gens qui ne comprenaient rien à la vie et qui devaient peut-être se dire qu’y avait pas de meilleur endroit que la forêt pour observer le clair de lune ou des gens qui devaient se dire que t’façon, y avait rien pour leur faire peur parce qu’ils étaient au dessus de tout. C’était l’arrogance qui poussait pas mal de gens dans ces bois. Concernant cette fille, il ne savait pas ce qu’elle faisait ici et dans le fond il s’en fichait. Y avait bien des moments où il voulait essayer de comprendre ce qui ne tournait pas rond dans la tête de gens pour qu’ils se pontent ici, mais le plus souvent, il abandonnait. Comprendre la logique humaine, c’était au-delà de ses capacités. Fallait mieux laisser tomber avant de devenir fou. Ce qu’elle fichait là, ça n’avait pas d’importance, ce qui comptait, c’était de partir, alors pas question de le lui demander gentiment, le temps était compté.

Il n’avait pas franchement le temps de parler champignon avec elle, il voulait se casser de là avant qu’il ne soit trop tard. Alors il avait simplement soupiré d’un air blasé suite à sa réplique. Blasé, il l’était, c’était certain. C’était dans sa nature ça. Il avait de quoi être blasé après ce qu’il avait connu. Y avait des monstres dans ces bois qui avaient tués ses parents et sa sœur. Ils avaient tué sa femme aussi. Mais lui, il n’avait pas envie de mourir à cause de la chieuse du coin. La seule nana au monde qui devait croire qu’on pouvait acheter une voiture comme on achète une brique de lait sur le marché. « On se balade pas dans les bois quand on est pas fichu de retrouver son chemin après. C’est débile. » Et fallait l’intégrer bon dieu. Est-ce qu’il fallait qu’il l’écrive en toutes lettres dans les brochures de la ville où sur des panneaux parsemés à travers les bois ? C’était logique bon dieu, pourquoi est-ce que ça échappait à tellement de personne ? Ça le rendait fou. Il y avait quelque chose dans ces bois et cette chose, elle n’était pas très loin d’eux. Il n’avait pas envie de tomber nez-à-nez avec un wendigo. Pas ce soir, il n’était pas venu pour ça. Il ne prit pas le temps de répondre à la jeune femme. Qu’est-ce qu’il aurait pu dire de toute façon ? Il n’était pas venu pour parler de sa vieille lampe à huile. Mais si elle avait su ce qu’il y avait dans ces bois elle aurait compris que ce genre de lampe c’était tellement facilement inflammable que ça pourrait leur sauver la vie, ce qui n’était pas le cas de son téléphone portable. Fallait courir pour s’en sortir maintenant. Il l’avait attrapée par le poignet sans lui demandé son avis, manquerait plus qu’elle se barre dans la direction opposée rien que pour le faire chier. La voiture, c’était le meilleur moyen de s’échapper rapidement. Mais arrivée à l’intérieur, impossible de la faire démarrer. Ce n’était vraiment pas son jour de chance. Il fallait que ce soit les pneus, bien évidemment. « C’est ce qui arrive à force de bouffer des cerveaux humains ça. Si y avait moins d’abrutis qui venaient les nourrir en se paumant dans les bois, on n’en serait pas là. » Ça ce saurait s’il suffisait de bouffer de la cervelle humaine pour être plus intelligent. Enfin, il n’avait pas l’intention d’expliquer quoi que ce soit sérieusement, alors faudrait qu’elle fasse avec cette belle connerie qu’il venait de lui servir. Il ne parlerait pas des wendigos, moins elle en savait mieux c’était pour elle. Qu’elle craigne les ours, c’était quand même mieux que de craindre les monstres. Il avait prit son fusil, même s’il ne les sauverait pas. Ça leur laisserait du temps, tout au plus.

Bouger de là, c’était la seule chose qui pourrait vraiment les sauver, mais pour aller où ? Redescendre toute la montagne pour rejoindre la ville à pieds, c’était peine perdue. Ils n’auraient pas le temps et les wendigo sauraient exactement où les coincer pour les dévorer. Faudrait attendre l’aube dans les bois. Mais dans un endroit en sécurité. Y avait pas beaucoup d’endroits sûr dans les bois, y en avait peut-être même pas du tout. Mais y avait les ruines du chalet Washington à quels pas de là. Ça ferait peut-être l’affaire. La cave était fortifiée presque à la manière d’un bunker, alors ça ferait peut-être l’affaire. Ces gamins qui étaient morts, ils auraient mieux faits de rester enfermés dans cette cave. Il avançait rapidement, y avait des bandeaux de police autour des arbres, ils commençaient à se rapprocher du lieu du massacre. Encore quelques pas et ce serait bon. Y avait eu encore un cri qui l’avait poussé à attraper de nouveau le poignet de la jeune femme avant de courir. Fallait se magner le train. Finalement, ils l’avaient trouvé le chalet, ou du moins ce qu’il en restait. Il avait explosé cette nuit là emportant les gamins et dans doute un ou des wendigos. Y avait encore les marches qui menaient à ce qui avait été une belle maison à l’époque, puis des murs à moitié effondrés, encore des bandeaux de la police qu’il arracha, il s’en fichait complètement de l’enquête encore en cours en cet instant. Fallait se mettre en sécurité et puis la police ne venait plus vraiment dans le coin. Ça ne servait plus à rien, ils avaient eu ce qu’il leur fallait. Au milieu des décombre, y avait encore les escaliers vers la cave. Il dégagea rapidement le chemin. « Descend là-dedans. » Il ne lui laissa pas vraiment le choix, la poussant limite dans les escaliers. La suivant en fermant derrière lui la lourde trappe qui avait tenu le coup après l’explosion. « Ils devraient pas nous trouver. Si on est silencieux. » Il avait pas l’intention de gueuler lui de toute façon. Il observa les lieux, y avait encore les marques au sol, une silhouette de dessinée pour montrer qu’ils avaient trouvé un corps dans cette cave. Il soupira. « La gamine qu’est morte ici, elle a été retrouvée avec une balle dans la tête. C’était pas les ours, alors ça devrait aller. » Ni les ours, ni les wendigos. Il ne savait pas ce qui s’était passé cette nuit là, mais il savait qu’y en avait une qui avait été retrouvée dans la cave avec une balle dans la tête. Les wendigos étaient assez intelligents pour crever des pneus avec leurs griffes, mais par pour tirer dans les gens. Il ne savait pas si c’était rassurant de raconter ça, mais dans le fond, il s’en fichait, qu’elle flippe tiens, ça lui apprendrait à se balader dans ces mois au beau milieu de la nuit.
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≈ through the night, we'll be a sweet disaster. (mearphy)

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