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 some kind of heaven. (STERRE)

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MessageSujet: some kind of heaven. (STERRE)   Mar 10 Nov - 10:09

SOME KIND OF HEAVEN


Il y avait le ciel, d'un bleu immonde, d'un éclat profond. Ce ciel d'un froid majestueux, d'un toit protecteur odieux. Il y avait ce parfum étrange, qui flottait dans les airs. Comme un air de légèreté au-delà du paysage obscur.  Un immense frisson qui parcourait la terre sale, la crasse des bois et qui s'enfonçait  à travers la maison de bois. Ce même chalet qui, en son sein, abritait un mal insatisfait. Un mâle à la soif de chair, à l'obsession des corps amers. Et il y avait elles. Les autres. Les demoiselles. À la jeunesse gâchée. Peut-être.
Et sur la terre sale, sur la crasse des bois, sur cette nature sauvage et indomptable, il y avait le mâle. Ses pas résonnaient à travers la forêt. Fort, imperturbable. Presque royal.  Comme un froid majestueux qui se dégageait de ses yeux. De ce regard presque animal, de ce regard presque mort. Comme assassiné par cette maison de bois. Cette immense prison qu'était la vie vécue. Cette immense prison qu'était le cocon familial. Un cocon étouffant, mortellement  assurant. La faute des sœurs, qu'il se disait. Ces deux vipères malignes, dangereuses. Une fois attrapé, plus jamais relâché. Il s'était fait prendre. Il s'était fait prisonnier. Et aujourd'hui, comme épris de sa prison, il ne parvenait plus à s'enfuir. Pourtant, ce soir encore, la porte était grande ouverte. Le paysage défilait devant ses yeux clos, sur ses paupières avides de connaissance, de savoir, de pouvoir. Mais lorsqu'il les ouvrait, il y avait encre et toujours cette forêt. La même depuis son enfance. Lui, le tendre bûcheron au cœur mort. Au cœur vide. Sans lumières, sans fin, sans rien.  
Et toujours cet appel de la forêt qui résonnait en son torse. Toujours ce besoin, cette étrange sensation ancrée au creux de ses reins. Comme une vague qui le chagrinait. Comme une vague qui venait subitement le frapper. Il la sentait. Proche, mais distante. Comme une enfant qui observait, en cachette. Elle était là, il la sentait. Il en frissonnait presque.
Lentement, il s'enfonça dans la pénombre. Il se laissa encercler par les arbres, par les bois et par sa nature sauvage. Auparavant, il ne serait pas sorti. Pas la nuit. Mais les choses avaient changé depuis. Depuis cet accident. Depuis cette fameuse nuit. Il frissonna. Derrière lui, des branches craquèrent. Elle était là. Lorsqu'ils furent assez éloignés du chalet et de son infâme occupante, l'aînée des sœurs, il s'arrêta. Il huma l'air, respira profondément. Chercha vainement à calmer l'odieuse mélodie qui résonnait en son sein.   « Je sais que tu es là. » murmura-t-il à la nuit, à la forêt, à la terre. À Sterre, à la sœur.
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MessageSujet: Re: some kind of heaven. (STERRE)   Mar 10 Nov - 16:01

SOME KIND OF HEAVEN
Le sommeil qui ne vient pas. Le froid qui mord la peau. La couverture qu’elle laisse tomber au sol. La chaleur qu’elle ne supporte plus. Cette impression de vide au ventre, de crever de faim à chaque foutue seconde.
Les pas qui résonnent dans la demeure vide. Les siens qu’elle devine, parce qu’elle le connait trop bien, parce qu’elle reconnait trop bien. La demoiselle qui pose pied à terre. La pulpe des doigts qui s’accroche au tissu d’une robe quelconque qu’elle pose contre ses épaules frêles. Les pieds qui se fondent dans les siens. Le manteau qu’elle ne pose pas aux épaules. La poupée désarticulée qui se fond dans les traces, qui s’enfonce dans la forêt. L’homme qu’elle déteste. L’homme qu’elle adore. Le froid qui mord la chair, mais le froid qu’elle ne ressent pas. Cette impression de devenir un monstre, que les changements ne cessent de s’accentuer. La folie qui se vrille au crâne, qui s’accroche aux parois de la caboche. La folie qui la fait vaciller. Les rêves d’atrocités accumulés pour creuser les traits, pour noircir le regard et faire naître la fatigue.
La vie qu’elle n’accepte pas. Le carmin qu’il aurait dû laisser se déverser sur le blanc de la neige, tacher le paysage.

Les pas s’arrêtent, les paumes au tronc et le regard sur lui. « Je sais que tu es là.» Le rauque de la voix qui résonne aux tympans, qui file pour résonner au crâne. Les pieds restent ancrés dans le sol, les mains restent contre le tronc.
Le noir profond qui couvre le ciel, les étoiles qui se cachent derrière le brouillard.
Le goût de vengeance qui traine en bouche, la haine qu’elle rêve de déverser sur la peau parfaite, mais l’amour qu’elle ne contrôle pas, les envies de retrouver le confort de ses bras. Le soupir file entre les lèvres, se percute au froid de la nuit pour se transformer en buée. La pulpe des doigts qui quittent le rugueux du bois et les pas qui s’enfonce dans la terre, le sol humide pour tacher les vêtements, pour tacher les souliers.
Elle approche. L’ombre qui se détache du brouillard. La silhouette qui fend l’air, qui se détache du décor pour s’approcher. Les billes sombres qui se percutent au regard froid et les bras qu’elle croise contre la poitrine. La fermeture qu’elle laisse paraître. La peur qui ronge les tripes. L’envie qu’elle n’assume pas. L’amour qu’elle ne comprend pas. Lui qu’elle aime à outrance. Lui qu’elle déteste de lui avoir sauvé la vie.
Un autre qu’elle fréquentait, pour laver les folies, pour oublier les envies.
Un pas et le regard qu’elle peut détailler, les traits qu’elle peut observer. Le fond du regard, la ligne de la mâchoire, la forme des lèvres. Le cœur qui vacille entre l’amour et la haine. La rancœur qui trône au fond du cœur. Le monstre qu’elle est devenue. La bête qu’elle n’accepte pas. « Qu’est-ce que tu fais dans la forêt Braam?» Question qu’elle lance. Elle ne sait pas comment l’aborder autrement.
Les pieds ancrés dans le sol. Elle ne se détache pas de lui. « Tu n’aurais pas dû me sauver.» Le venin qu’elle crache enfin, le poison pernicieux qu’elle lui injecte dans les veines.

(c) AMIANTE
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MessageSujet: Re: some kind of heaven. (STERRE)   Dim 15 Nov - 14:27

Il l'avait sentie. Il y avait eu comme un changement dans l'air, comme une légèreté dans son cœur meurtri. Comme une mélodie qui se jouait plus forte, plus grande en son sein. Il l'avait sentie, elle. Sa douce moitié qui s'était faufilé au travers le chalet pour le rejoindre. Lui, le monstre immonde. Lui, le mystérieux vagabond des ruelles. Il l'avait sentie ; il en avait été certain. Dès l'instant où ses pas avaient foulé la terre dure. Dès l'instant où son corps s'était heurté au froid, comme ancré à cette nuit noire. Il y trouvait un étrange réconfort, un sentiment profond qui l'apaisait. Les ténèbres qui les encerclaient, eux deux. C'en était virevoltant pour son cœur d'homme brisé. Virevoltant, affolant de la voir. Cette douce créature, aussi frêle que belle. Aussi fragile que stupide. L'insouciance de la jeunesse passée, de la jeunesse torturée.
Elle avait ces jolies lèvres roses et ce regard ; c'était beau. Elle était belle. Plus belle qu'une nuit d'hiver, où les flocons caressaient le sol. Plus belle qu'une feuille morte qui s'étalait sur la terre sale. Elle était plus belle que la poésie de ce monde, plus belle que quiconque. Et par-dessus tout, elle était plus belle que lui. Et c'était ça, qui le rendait beau. Qui les rendait beaux. Le frère et la sœur, un frêle monde de rancœur. Il le voyait dans son regard, dans le tréfonds de ses yeux. Il le voyait. Il le sentait, ça aussi. Toujours cette amertume au creux des lèvres. Toujours ces regrets bleutés des cernes. Les longues nuits glaciales, la faim au creux des reins. La soif de tout.
« Qu’est-ce que tu fais dans la forêt Braam ? » Il esquiva un léger sourire. Comme appuyé un homme fatigué, épuisé de sa quête, il s'appuyait contre un arbre. Comme pour s'assurer qu'il avait le soutien de quelque chose. Qu'il ne se laisserait pas tomber, qu'il ne sombrerait pas dans les ténèbres. Ô jamais plus. « Tu n’aurais pas dû me sauver. » ajouta-t-elle. Il laissa son regard plonger dans le noir. S'ancrer au sol. Il laissa son regard dériver dans la nuit. Il se souvenait. Il se souvenait de la douleur, des cris, des infamies de ce monde. Des créatures de ces bois. Ses bois, à lui. « Alors tu n'aurais pas dû t'enfuir. » murmura-t-il, suffisamment haut pour qu'elle l'entende. Il croisa son regard. Son joli regard. Les battements de son cœur s'accélèrent soudainement. Elle était belle, oui. Il naissait en lui ce besoin contre lequel il ne parvenait presque pas à lutter. Ce besoin de la serrer dans ses bras. Ce besoin de proximité. Ce besoin de sentir son parfum. De s'assurer de la douceur de ses cheveux, de sa peau. « Rentre à la maison. » Sa voix avait tremblé. Mais elle s'était voulue forte. Autoritaire. Dominatrice. Tout ce qu'il n'avait jamais voulu être face à la troisième sœur. La plus grande. La plus mauvaise. La plus effrayante.
Et eux, les doux agneaux de cette bergerie. Eux, les créatures d'infamies.
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MessageSujet: Re: some kind of heaven. (STERRE)   Ven 27 Nov - 18:53

SOME KIND OF HEAVEN
Les yeux qui observent. Les yeux qui dessinent les traits et le regard qui ne le lâche pas. Lui qu’elle déteste. Lui qu’elle aime. Lui qu’elle méprise. Les sentiments vacillants. Les sentiments qu’elle ne contrôle pas depuis longtemps, des sentiments qu’elle ne devrait pas ressentir. Pas pour lui.
Vers les autres qu’elle fuit. Qu’elle a su fuir, mais maintenant c’est trop tard. Elle ne ressent que la peur, que la bête qui ronge le ventre, que son statut qu’elle n’accepte pas.
Il s’appuie et elle enfonce ses pieds dans les neiges, le froid qu’elle ne ressent plus vraiment, le chaud qu’elle ne supporte pas. Ses pieds nus qu’elle pourrait enfoncer dans le sol, dans la neige, mais quelques vêtements pour couvrir la peau fine, la peau fragile. Un pas de plus. Elle s’approche trop. Elle s’approche quand même pour sonder le regard, pour observer. Les bras qui se croisent contre la poitrine. « Alors tu n'aurais pas dû t'enfuir. » Le regard qui se pose sur le sol, le blanc qu’elle contemple, son carmin qui aurait dû s’y étaler pour ne plus ouvrir les yeux à nouveau. « Je ne fuyais pas. J’avais besoin de voir autre chose, de rencontre d’autres personnes. Simplement. Ce n’était pas une fuite Braam.» Un autre qu’elle allait voir. Un autre pour ne pas penser à lui. C’est mal. C’est malsain. Ce n’est pas bien.

« Rentre à la maison. » - « Non.» Les mots qu’elle lance et les pas qu’elle fait pour réduire la distance, pour laisser son regard s’enfoncer au fond du sien. Lui. Lui dans le fond de ses pensées. Lui qu’elle méprise. Lui qu’elle déteste. Lui qu’elle aime. « Je ne suis plus une enfant. Tu ne peux pas me dire quoi faire, tu ne peux pas décider pour moi Braam.» La voix plus ferme. La fille instable. La fille fragile. La fille qui devient un peu plus folle, un peu plus fragile, un peu plus inquiète. Ce besoin de se retrouver près de lui, comme ce besoin de s’enfuir. Un souffle. Un pas. La distance presque réduite à néant et le creux des bras qu’elle trouve, le corps qu’elle prend, le sien qui s’y pose et la tête au creux du cou. Le souffle vacillant. Les yeux qu’elle ferme. Elle ne peut pas. Elle ne peut pas s’approcher. Elle ne peut pas l’aimer. Elle n’a pas le droit. Impossible. Pas lui. Le souffle qui se perd sur la peau du cou de Braam, l’odeur qu’elle respire, l’odeur qu’elle connait par cœur, l’odeur qu’elle connait trop bien. « Qu’est-ce que tu fais, pourquoi tu es dehors au milieu de la nuit.» Elle n’ouvre pas les yeux. Elle profite du contact. Mais la rancune qui ronge, l’envie de cracher le venin. Elle vacille entre les sentiments. Ça ne change pas. Elle ne sait plus comment faire. Plus maintenant. « Je déteste ce que je suis maintenant. Je ne veux pas être comme ça et c’est de ma faute si tu l’es aussi. Tu n’aurais pas dû me suivre. Tu n’aurais pas dû me sauver.» La main qui file contre l’avant-bras et qui remonte pour s’écraser doucement contre la nuque.
(c) AMIANTE
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