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 So I'll be needing you

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MessageSujet: So I'll be needing you   Mer 11 Nov - 0:23

morgan & ezeckiel
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Il est tôt. Très tôt même. Le réveil digital posé sur la table de chevet indique qu'il n'est que sept heure du matin, et pourtant, Morgan est réveillé depuis un bon moment, allongé sous les draps, à regarder la pluie s'abattre doucement sur la fenêtre de sa chambre. Il observe les gouttes dévaler le long des carreaux fraîchement lavés. Cette nuit encore, il a été prit d'une insomnie et d'une envie de tout briquer dans cette chambre de motel miteuse. Il ne s'est jamais considéré comme quelqu'un de maniaque, mais l'armée lui a apprit à être ordonné et méthodique. Et il n'avait rien à faire en plein milieu de la nuit, alors pourquoi ne pas désinfecté l'endroit dans lequel il allait résider pour les jours à venir ? Bref, tout ça pour dire qu'après avoir nettoyé toutes les surfaces possibles de la pièce, il s'est enfin permit de se détendre en s'allongeant sur le matelas, pour attendre que le sommeil vienne enfin à lui. Mais peine perdue. Il était donc là, à contempler le spectacle qui se déroulait dehors, bien que celui-ci ne soit pas des plus attrayants. Il s'avère que le vagabond réfléchissait à sa situation actuelle.

Morgan aime cette ville. Après des mois à sillonner les routes, à traverser toutes sortes de métropoles plus différentes les une des autres, il se sentait enfin prêt à poser ses valises pour quelque temps.  Blackwood était une cité qui avait du charme, comme protégée par ses montagnes et ses forêts. Le paysage rassurait le jeune homme. Pour une fois depuis bien longtemps – beaucoup trop pour qu'il se souvienne précisément quand – il se sentait à l'aise. Ou presque. Mais il n'avait jamais ressenti un coup de cœur pour un endroit, et c'était arrivé ici. Il se sentait donc prêt. Prêt à prendre une pause, à se laisser vivre même, et peut-être construire un semblant de quotidien. Si sa tête et son corps le lui permettent. Il aimerait pouvoir tenter sa chance.

D'une impulsion, l'ancien soldat se leva alors, usé à attendre que la fatigue ne l'emporte. Ce ne sera pas pour tout de suite. Par réflexe et comme à chaque fois qu'il se lève, il remit les draps à leur place et tira de chaque côté pour que rien ne dépasse. Lorsque la femme de ménage passera – même si ce serait étonnant que l'établissement en possède une vu l'état de la chambre – elle sera surprise de voir son travail déjà accompli. Morgan se dirigea alors vers la salle de bain, fuyant son reflet dans le miroir, et s'attela au brossage de ses dents. Il ne posa même pas les yeux sur la cicatrice qui parcourait son corps en s'habillant. C'était devenu facile pour lui de ne pas se voir. Plus simple. Plus supportable. Il vérifia qu'il avait bien son porte-feuille et ses clefs pour les glisser dans ses poches de jeans, avant de quitter sa chambrée, où l'air était devenu irrespirable. Sur le chemin, il passa sa veste en cuir noir pour se protéger des températures fraîches de la matinée.

Aujourd'hui avait l'air d'être un bon jour. Certes, la fine bruine qui arrosait la ville pourrait en déprimer plus d'un, mais Hadresham se sentait plutôt bien malgré la nuit sans fin qu'il venait de passer. Il se laissa guider par ses pieds, ne quittant que rarement le sol des yeux, pour observer ce qui l'entourait. Blackwood commençait à prendre vie, ses habitants fourmillant un peu partout. Il s'arrêtait devant des commerces, ne pouvant pas avancer tout en analysant les vitrines. Il ne pouvait pas marcher et faire autre chose. Sans quoi, il ne saurait pas où il mettait les pieds. C'est un automatisme qui refuse de le quitter, et qu'il ne cherche peut être pas spécialement à faire partir. Il doit juste avoir l'air d'un demeuré, et emmerder les passants qui l'entoure. Heureusement qu'il n'est pas à New York. Il se ferait sûrement insulter. Mais ici, personne ne prêtait attention à lui, et ça l'arrangeait bien. Morgan pouvait donc se tenir devant l'entrée de ce café qui avait l'air cosy et pas encore trop fréquenté vu qu'il venait à peine d'ouvrir ses portes. Un regard derrière son épaule, il scanna la rue. Pourquoi ? Lui même ne le sait pas, mais c'est les mains plongées dans les poches de sa veste, qu'il décida de franchir le porte, le regard par terre devant lui.

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Dernière édition par Morgan Hadresham le Mer 11 Nov - 2:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Mer 11 Nov - 1:54



So I'll be needing you




Le visage inondé, le corps enfoui sous l'eau chaude qui venait à recouvrir intégralement ses muscles, son visage, tandis qu'il se laissait couler en fermant les yeux. Le gosse ne cherchait même plus à simuler un accident et venait à se laisser couler sous l'eau, la tête dans cet univers où les sons assourdissants de l'extérieur ne venaient pas heurter son cœur et ses mœurs. Le gamin se remémorait sa purification, mais cela était presque devenu un rite initiatique de se laisser couler sous l'eau en se remémorant la terrible douleur de cet instant. Sa respiration ne se perdait jamais, et tandis que les souvenirs flous de sa sœur lui revenaient en mémoire, il conservait jusqu'au dernier instant son regard dans les ténèbres abyssales de souvenirs d'enfance. Sa sœur, ce mystère qui le dévorait et qui aliénait son quotidien. Chaque seconde le rapprochait du moment décisif ou l'église décida de lui venir en aide. Le hurlement de la sœur résonne dans sa tête, lui hurlant de venir le sauver tandis qu'il sentait son cœur battre à la chamade : celui de sa sœur. Il battait encore et le gosse refusait de renoncer à sa moitié. Brusquement, le regard s'ouvrit et il s'extirpa de son bain dans un mouvement violent pour rependre son souffle avec difficulté. Recouvrant la réalité, réalisant qu'il n'était pas dans sa ville d'enfance, pas chez lui, pas avec un curé et sa mère sectaire : et que sa sœur était toujours absente. Plus le gosse cherchait des réponses dans ses souvenirs, plus il semblait se détourner de son chemin. Ces souvenirs douloureux de souffrance, de personnalités qui se mélangeaient, de ces culs qui se promenaient et de ces nuits à dévorer des corps encore, et en choeur avec des respirations haletantes. Le gosse comblait le vide par des présences sans émotions sincères, mais ces émotions avaient le mérite de lui faire éprouver un plaisir unique pour quelques heures. Il s'extirpa de son bain en retrouvant le goût amer de la réalité. Ce traumatisme s'entretenait comme un maniaque entretenait ses tocs. Le plus malade des patients : le médecin, sans nul doute.

Se glissant devant sa glace avec une serviette autour de sa taille, il resta à s'observer quelques secondes. Ezeckiel n'avait jamais apprécié son physique au-delà du nécessaire, mais les complexes ne furent jamais dans sa nature. Le gosse respira longuement avant de finalement se diriger vers sa chambre pour récupérer des vêtements, un jean, un t-shirt avec une veste sur ses épaules. Coiffant ses cheveux comme il le pouvait sans pour autant persuader du chef-d'oeuvre de sa coiffure qui semblait perpétuellement se perdre dans des révoltes capillaires. L'ancien étudiant en psychologie attrapa alors un sac à dos pour se diriger vers la porte de son duplex, claquant la porte, fermant et s'élança dans une descente des escaliers. Le serveur avait pour objectif de se rendre à un cours sur le paranormal qui par malheur commençait à une heure matinale. Ce cours n'était là que pour l'aider à comprendre le pseudo monde surnaturel universitaire qui se distinguait du monde fantastique des fanatiques de twilight. Le gamin faisait la part des choses, il jouait à la balance, cherchant le parfait équilibre entre une possible réalité et une illusion qui viendrait le bercer dans des fantasmes impossibles à assouvir – il en avait déjà trop cela ne valait donc pas la peine d'en rajouter. L'ancien futur psychologue ne tarda pas à rejoindre la rue, marchant avec son téléphone en main. Il n'empruntait pas sa voiture pour un chemin aussi court. Le brun s'avança alors avec son téléphone en main, traversant la rue, sans prêter attention à l'heure il pénétra dans le bonnie's sans se poser de questions. Se dirigeant instinctivement vers la caisse avec un sourire habituel. La caissière réclama sa commande avec un sourire charmant, il était un habitué et il avait pour coutume de passer le matin après son sport ou dans des cas particuliers comme ce matin. « Un chocolat chaud chantilly marshmallow. A emporter, comme d'habitude. » Ezeckiel se décrocha pourtant de son téléphone et de la caissière en sortant sa monnaie pour observer les clients et son regard tomba sur une carrure qu'il reconnaîtrait entre milles. Un traumatisé avec ce corps ne s'oubliait pas, et Ezeckiel avait – étrangement – une mémoire sélective.


Le gosse se dirigea vers le presque-inconnu en attrapant son café – son prénom était d'ailleurs noté dessus par tradition lorsqu'il emportait ses boissons - et en remerciant la caissière d'un sourire en coin. Avançant lentement vers l'emplacement de l'homme avec un petit sourire en coin. Restant debout quelques instants. « Hey. » Ezeckiel designa la place en face de la montagne de muscle – qui n'avait pourtant rien d'une brute d'un point de vu caractériel. « Je veux surtout pas m'imposer, même si je le fais un peu, mais je peux ? » Pointant la place en face du presque-inconnu. Probablement que recroiser Ezekiel ne serait pas une partie de plaisir.



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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Mer 11 Nov - 2:57

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L'endroit était calme, et cosy. Tout ici respirait la chaleur et le confort. N'importe qui pourrait se sentir bien entre ces murs. C'est pourquoi Morgan décida de prendre sa boisson sur place, et de s'installer à une des tables les plus éloignées de la porte, dos au mur. Il remuait son café noir depuis un moment, le regard plongé dedans, comme s'il allait y trouver les réponses à tous les mystères du monde. Comme s'il allait trouver de quoi régler ses problèmes. Mais si c'était si simple, il ne se tiendrait même pas ici, dans cette ville, dans ce pays, loin de ce qui composait sa vie auparavant. Ses yeux lâchèrent finalement son mug, pour se balader dans l'établissement. Il observa discrètement la jeune femme derrière son comptoir, qui s'attelait à ses tâches quotidiennes. Elle déambulait aisément dans son petit espace, jonglant avec des récipients et des produits, préparant avec un petit sourire les commandes de ses clients. Elle devait se plaire ici. Du moins, c'est ce qu'elle faisait ressentir. Quand elle s'est occupée de lui, elle s'est montrée bienveillante et courtoise. Il lui avait même demandé de garder la monnaie. Ce n'était pas grand chose, mais Morgan appréciait ce genre de personne. Cela changeait des souvenirs qu'il gardait de bons nombres d'humains qui avaient croisés son chemin, et ils n'étaient pas tous bons.

Un petit bruit répétitif arracha son attention de la caissière. Un cliquetis assez pénible, qui ne cessait de se manifester. Clic. Le soldat capta alors la cause de cette gène. Un jeune homme, un gosse même, installé prêt de la vitrine, une boisson fumante et un bouquin ouvert devant lui. Clic. Sa jambe tressautait dans un mouvement nerveux et il jouait avec un trousseau de clefs entre ses doigts alors qu'il était plongé dans sa lecture. Clic. Les yeux de Hadresham n'arrivaient pas à se décrocher de ce petit jeu. Cela pouvait paraître innocent aux oreilles de quelqu'un de normal, mais aux siennes, c'était l'enfer. Clic. Il replongea le nez dans son café, et se remit à touiller le liquide à l'aide de sa cuillère, pour essayer d'ignorer ce son frénétique. Clic. Ses doigts se resserrèrent sur l’ustensile alors que ses paupières se fermèrent. Il inspira profondément. Calme toi Morgan, c'est juste un gosse un peu stressé, sans doute à cause d'un examen ou d'une connerie dans l'genre. Il essayait de se rassurer. Clic. Mais rien n'y faisait. Ce bruit, lui rappelait bien trop quelque chose de familier. Un cliquetis beaucoup moins inoffensif, qui à l'instant où il a retentit, a fait totalement basculer sa vie. Non Hadresham, reste fort, n'y pense plus. Clic. C'est fini. Clic. Tu n'es plus là-bas. Clic. Tu es ici. Clic. Clic. Clic.

« - Hey. »

Morgan sursauta alors que son corps qui commençait à s'emballer, se calma instantanément quand il posa les yeux sur la personne en face de lui. Il resta dubitatif quelques secondes, pas sûr de savoir si c'était bien lui ou sa tête qui lui jouait des tours.

« - Je veux surtout pas m'imposer, même si je le fais un peu, mais je peux ? » demanda gentiment le jeune homme en désignant le siège vide en face de lui.

Il lui fallut un peu trop longtemps à son goût pour comprendre ce qu'il voulait, avant de hocher la tête. Alors que l'inconnu – ou presque – s'installait à la table, l'ancien démineur lança un coup d'oeil rapide vers le gamin qui avait cessé son jeu de clefs, mais toujours plongé sérieusement dans le déchiffrage de son manuel. En lui tout s’apaisa, et c'est comme si le désert s'éloignait dans son esprit. Il abandonna définitivement son interet pour l'élève, et en trouva un nouveau en la personne assise en face de lui. Il ne lui était pas inconnu, ils s'étaient déjà parlé. Morgan s'en souvient. Il venait tout juste de débarquer dans la ville. Il se baladait et..

« - Je... » commença le militaire avant d'hésiter. Il ne savait pas quoi lui dire. « Merci pour... tu sais. »

Dieu qu'il se sentait bête. Ce qu'il était venu chercher ici, c'était le fait que personne ne le connaissait. Mais en face de lui, se tenait quelqu'un qui avait assisté à l'un de ses moments de faiblesses, et qui l'avait aidé à le surmonter. Il ne savait pas quoi lui dire. Il n'osait même pas le regarder dans les yeux. Il se remit à remuer son café, maintenant froid. Merde, il ne lui a même pas dit bonjour en plus.
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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Mer 11 Nov - 13:24



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Charité. Ezeckiel n'était sans doute pas l'être le plus charitable sur cette misérable terre, et il savait que ses actions n'avaient pas une grande valeur. Le gosse n'était pas de héros de l'histoire, mais toujours celui qui aidait en silence pour profiter des ténèbres de l'anonymat et sa quête de profit pouvait avancer. Retrouver sa sœur était devenue son obsession, mais il avait toujours cet intérêt particulier de vivre au travers des autres pour avancer. Quelqu'un trébuchait, et cela devenait comme un instinct primitif de venir l'aider à se relever. Les gens pouvaient nommer cela de bien des façons : pitié ou simple compassion. Ezeckiel aidait lorsque son cœur lui dictait de le faire, et cela, même dans les situations les plus étranges et cocasses. Cette rencontre avait ce presque inconnu était le parfait exemple de la nature du gosse à toujours se mêler des émotions des autres sans jamais se préoccuper des siennes. La connerie a l'état pur. Dans la rue, un moment hasardeux, et probablement que si les circonstances avaient été autres, les justifications de Zeke pour s'intéresser à quelqu'un comme cet inconnu auraient été moins nobles. Qu'importait, la sincérité de l'aide fut totale sans jamais se préoccuper de qui il était, de comment il était et de ce qu'il faisait du reste de sa vie. Le gosse avait une fâcheuse tendance à se lier facilement avec quelqu'un simplement pour un physique, en profiter une nuit pour ensuite ne plus donner de nouvelles. Les amis d'Ezeckiel avaient un statut particulier que personne ne pouvait dérober, mais ce statut était difficile à obtenir tellement le gosse était multiple dans ses comportements et ses attitudes en société. Se protéger était devenu son but ultime, et malheureusement la charité mettait à nu de bien des façons. Néanmoins, cette bonne action était à son registre et la renier serait croire que l'humanité n'avait plus rien à offrir.

L'approche du gosse n'avait rien de grandiose, mais la situation s'imposait comme un cas particulier auquel le gamin devait s'acclimater. S'installant face à cet homme qui imposait par sa carrure, mais dont le caractère semblait bien plus frêle que n'importe quel individu pouvait le supposer. Le serveur ne quitta pas l'inconnu du regard. Observant ses gestes, son regard qui se voulait fuyant. Zeke n'était pas du genre oppressant, mais il pouvait se montrer insistant de temps à autre sans pour autant placer le couteau sous la gorge. Ezeckiel aimait comprendre le monde, les gens et les comportements. L'ancien étudiant avait passé ses études à tenter de comprendre les émotions et les troubles que ces dernières provoquaient : la passion était morte avec le temps. Le serveur esquissa un léger sourire face aux paroles qui commençaient avec des bafouillements du presque inconnu qui semblait toujours aussi fragile même dans une situation aussi enfantine que celle d'une discussion dans un café de quartier.  « Je sais, et de rien, je n'allais pas rester à regarder. » Le brun n'aimait pas lire la souffrance dans le regard des gens, et encore moins lorsqu'il était apte à aider. Ezeckiel tentait de sauver les pots cassés de ceux qui se contentaient de hurler à la vie qu'ils voulaient avancer. Le gosse lui, stagnait dans sa vie, mais c'était un choix personnel que de s’entêter à trouver un fragment de son passé. Le gamin porta sa boisson à ses lèvres en déplaçant son regard dans le café pour observer le calme avant la tempête qui se trouvait dans les heures de pointe. « Ezeckiel, car je suis pas sûr que mon prénom est la chose que tu es retenu. » Le gamin déplaça à nouveau son regard sur l'inconnu. « Je ne voulais pas m’immiscer dans ta vie privée, ni la première fois, ni cette fois-ci, mais c'est généralement le genre de rencontre qui marque. En bien, hein, faut surtout pas le prendre mal. Disons que ça n'arrive pas souvent de croiser ce genre de scène. » Ezeckiel n'avait rien contre cet homme et se contentait simplement de se justifier et de ne surtout pas le mettre plus mal à l'aise qu'il ne semblait déjà l'être. L'américain ne comptait pas voler des informations, ni même faire preuve d'un sans gêne avec quelqu'un dont il ignorait jusqu'au prénom, alors il se contentait de quelques phrases bateaux et d'une discussion simple pour commencer. L'agresser pour savoir si ces crises étaient fréquentes risquerait de le braquer et de lui faire prendre peur immédiatement. Ezeckiel préférait miser sur la finesse.



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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Ven 13 Nov - 19:53

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Le ciel n'était pas très dégagé mais cela n'empêchait pas la journée d'être belle. Les températures étaient douces, pas de vent. Les citoyens déambulaient dans la ville, profitant de leur jour de congé. C'était samedi et Morgan venait d'arriver. Il avait parqué sa voiture loin du centre-ville pour pouvoir se dégourdir les jambes. Il venait d’enchaîner toute une nuit de route, laissant son instinct le guider où bon lui semblait. A partir du moment où il a traversé la frontière, il ne s'était pas donné de but précis. Il souhaitait juste conduire jusqu'à épuisement, et s'arrêter dans le premier motel qui venait. Cela lui permettait de ne pas trop réfléchir.  Plus les kilomètres défilaient, plus il avait l'impression de s'éloigner du désert. Ceci, était son but précis. Peut importe la destination. Quand le véhicule franchit une pancarte lui souhaitant la bienvenue à Blackwood, il s'autorisa à s'arrêter.

La ville était sympathique, et avait un charme fou grâce aux forêts et aux montagnes qui l'entouraient. Il y avait l'air d'y avoir assez de monde pour que ça n'en devienne pas étouffant. Un marché devait se dérouler ce week-end parce qu'il remarqua au loin plusieurs petits commerces ambulants. Bref, sa première impression semblait plutôt bonne et Morgan se laissait guider par le flux de personnes, sans trop se faire de soucis. C'était étonnant d'ailleurs. Rares étaient les fois où l'ancien soldat se sentait aussi bien, dans la rue. La fatigue jouait peut être mais il ne ressentait pas le besoin d'épier tout ce qu'il y avait autour de lui. Seuls les coups d'oeil furtifs vers le sol ne changeaient pas, telle une mauvaise habitude qui vous colle à la peau. Mais alors qu'il se baladait tranquillement, les mains fourrées dans les poches, tout bascula.

Il ne savait pas ce qui avait causé cet accident, dont il n'était même pas victime. Peu importe d'ailleurs. Parce qu'il n'y prêta plus aucune attention. Il n'était même plus là. Alors qu'autour de lui, la vie reprenait son cours, les passants ayant été tout aussi effrayé par la collision minime de deux voitures, Morgan lui, resta bloqué. Coincé dans ses souvenirs, par les flashs qui se bousculaient devant ses yeux. Comme instinctivement, il s'était replié dans une ruelle adjacente, loin du regard de la populace. Son cœur battait la chamade, ses mains étaient moites et son souffle irrégulier. Il ne voyait plus les sapins, les montagnes et la neige. Il ne ressentait que la chaleur étouffante, les grains de sable sous ses ongles et une gorge sèche dans le désert.  A cet instant, il n'était plus à Blackwood mais dans ses pires cauchemars.


« - Je sais, et de rien, je n'allais pas rester à regarder. »

Morgan releva les yeux de son café pour les poser sur le jeune homme en face de lui. Ses remerciements ne lui semblaient pas suffisants. Mais que dire ? Le souvenir de cette journée était douloureux, et sa venue avait été comme un cadeau du ciel. Il ne se souvient pas de quand il est arrivé, ce qu'il a put faire ou précisément ce qu'il a put dire, mais il avait été là. Alors qu'il ne connaissait personne, qu'il ne pensait ne pouvoir compter sur personne.

« - Ezeckiel, car je suis pas sûr que mon prénom est la chose que tu es retenu. »

Hadresham hocha légèrement la tête, un peu penaud. Mais l'inconnu – Ezeckiel – ne sembla pas touché de cet oubli. Au contraire. Il était même... compréhensif.

« - Morgan. » répondit simplement l'ancien démineur, pas sûr de savoir quoi répondre.

Mais quoi dire ? Ce n'était pas comme si il s'attendait à le recroiser. La ville n'était peut être pas de la taille de New York, mais elle semblait assez grande pour que ces deux là ne se revoient jamais. Enfin, en théorie. Cependant, ce n'était pas une mauvaise chose, loin de là. C'était juste... surprenant.

« Je ne voulais pas m’immiscer dans ta vie privée, ni la première fois, ni cette fois-ci, mais c'est généralement le genre de rencontre qui marque. En bien, hein, faut surtout pas le prendre mal. » continua le garçon. « Disons que ça n'arrive pas souvent de croiser ce genre de scène. »

Morgan savait qu'il ne devait pas le prendre mal, mais la dernière phrase employée ne lui plaisait pas. Ses sourcils se froncèrent légèrement avant qu'il ne se reprenne, ne souhaitant pas froisser Ezeckiel. Ce dernier l'avait aidé. Il n'avait pas le droit de prendre la mouche à cause d'une misérable série de mots. Mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir comme une bête de foire. Une attraction. Quelque chose qui a stimulé la curiosité malsaine de ce type. Pour cacher son trouble, l'américain fit mine de boire une gorgé de son café. En reposant sa tasse, il se décida enfin à répondre.

« On doit pas avoir le même souvenir alors.. » baragouina-t-il en faisant référence au petit 'en bien' qu'il avait glissé pour ne pas le froisser. « En général, le premier rencard est un peu plus.. conventionnel. »

Humour. Il était rouillé. Il y a une époque où il savait plaisanter aisément. La, même si il tenta d'esquisser un sourire maladroit, il avait l'impression que sa blague était... bidon ? Il tenta d'ailleurs de cacher sa gêne derrière son mug, encore une fois.
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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Sam 14 Nov - 1:55



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Ezeckiel fut acclimaté à bien des crises. Formé pour détecter les failles, les troubles et les détresses des autres. Une larme avait parfois, bien moins de sens qu'un sourire enfantin sur un visage d'un adulte. Le gosse ne se nourrissait que de cela : des gestes, des émotions, des visages parfois anodins qui avaient pourtant plus de valeur que ceux des demoiselles qui pensaient encore que le fond de teint avec plus de valeur qu'une main tendue vers l'humanité. Ezeckiel voyait dans le regard des gens une source intarissable de réalité, de force et de rage tout en y découvrant l'impuissance face à un monde en totale désolation. C'était fou ce que l'être humain pouvait cacher derrière ses attitudes ou un simple regard. Un nom de famille pouvait également en révéler beaucoup, ou même un surnom, et de nombreux autres détails pouvaient s’interpréter comme des caractères particuliers. Cela semblait facile, mais il n'était pourtant pas simple de faire la distinction entre un trouble fondé et un menteur de génie. Quelques personnes parvenaient à doubler les psychologues, à se jouer d'eux comme le ferait n'importe quel bébé avec une peluche. Ces cas étaient rares, et ils se croyaient finalement au-dessus du monde : alors ils se perdaient eux-mêmes dans une personnalité autre sans réaliser que la véritable se révélait dans l'ombre d'un talent. Ezeckiel n'était pas un professionnel, mais il jugeait à ce qu'il éprouvait et interprétait avant tout de manière humaine plutôt que de créer des archétypes dans son esprit sans jamais pousser la recherche. Un homme hurlant de douleur n'était pas nécessairement un idiot ni même un fou. L'ancien étudiant se persuadait à croire qu'il aurait toujours plus à gagner que de heurter à un mur plutôt que de contourner bêtement ce dernier. Aujourd'hui, ce mur avait un nom : Morgan. Cet inconnu avait désormais un nom, et n'était plus simplement celui dont la douleur ne pouvait se cacher. Ezeckiel mettait enfin un prénom sur un visage, et cela semblait presque ironique de découvrir que cela lui offre du plaisir d'associer un visage à un prénom, parce que la plupart du temps : cela l'importait peu lorsqu'il se contentait de baiser quelqu'un. Comme quoi, chaque circonstance apportait un nouveau trait de personnalité chez l'individu. Morgan donc, c'était un bon début.


Le gosse esquissa un sourire à l'entente du prénom en hochant légèrement la tête pour signifier qu'il allait s'en souvenir. Vinrent ensuite quelques maladresses propres aux études du gosse : la fascination presque morbide pour le comportement anormal des individus. Pour Ezeckiel, cet homme n'était pas un monstre et il n'était pas non plus un syndrome, et c'était sans doute pour cela qu'il n'avait pas poussé le lien plus loin et qu'il s'était contenté de l'aider pour ensuite repartir comme un grain de poussière dans la mer. L'ancien étudiant ne pouvait néanmoins pas présenter cela comme une rencontre néfaste puisqu'il n'avait jamais éprouvé une douleur, il ne pouvait donc que l'imaginer sans la comprendre. Chaque cas avait ses troubles et son expérience : l'empirisme. L'idée qu'il fallait vivre pour comprendre et non pas vivre dans la théorie. Visiblement, Morgan sembla mal prendre la remarque, son visage se faisait plus dur et marqué par les dires du gamin. Comme quoi, Zeke avait le chic pour faire naître des émotions chez les autres, et ce n'était pas toujours les bonnes. Ezeckiel resta silencieux face à la première réflexion pour laisser la seconde venir le faire sourire sans honte. Le gamin trouvait cela presque osait, mais cela ne l'avait jamais dérangé, bien au contraire. « Mes premiers rencards ne sont pas conventionnels. » Autant poursuivre sur le ton de l'humour avec un rictus et une confiance en lui qui révélait de l'auto-dérision. Drôle d'ironie de parler de ça. Ezeckiel était incapable de s'attacher sentimentalement à quelqu'un et se contentait généralement des histoires d'un soir et dans le meilleur des cas : des plans culs réguliers. Le gosse vivait dans un monde où l'attache était improbable et où le corps était bien plus vivifiant que tout le reste. Un amateur de la chair, c'était véridique et le jeune homme vivait plutôt avec cette nature sexuelle qui vivait en lui. Alors oui, ses premiers rendez-vous se passaient généralement d'une manière bien moins douce et il en était de même pour les précédents. Morgan avait la carrure typique qu'Ezeckiel appréciait, mais c'était sa crise qui l'avait intéressé avant même de regarder sa physionomie. Le gosse abandonna alors son sourire en coin pour reprendre un air plus sérieux. « Tu as souvent des crises dans la même veine ? Je trouve que proposer mon aide ne serait franchement pas délicate, mais c'est tout comme. » Le gosse avait une certaine franchise indélicate, et il voulait sincèrement l'aider. Morgan avait l'air de souffrir et le contraste avec tout le reste de son corps qui lui semblait respirer la force donnait encore plus de désir chez le gamin, qui sentait sa curiosité grandir.



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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Sam 14 Nov - 2:45

morgan & ezeckiel
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Morgan se souvient d'une époque où il était bon avec les gens. Où il arrivait à communiquer avec aisance et où il avait un entourage réconfortant, de la famille, des amis. Gamin, il n'était pas du genre à attirer l'attention vers lui, bien au contraire. Il faisait toujours en sorte de rendre fier son père militaire, et d'avoir toujours de bonnes notes à l'école. Il savait ce qu'il voulait faire de sa vie, et suivre l'exemple de son paternel. La patriotisme chez les Hadresham, c'est dans le sang. Mais il avait des copains, comme tous les jeunes. Et quand est venu le jour où il a intégré les rangs de l'armée, Morgan s'est trouvé une nouvelle famille. Des frères d'armes, avec qui tout partager. Avec eux, il n'avait aucun tabou, il pouvait parler de tout et de rien. C'était comme si ils avaient tous grandit ensemble. Mais lors de son retour au bercail, suite à la perte de son vrai frère, le soldat a essuyé une lourde dépression qui l'a éloigné de tous ses proches. Et il n'arrivait même plus à regarder ses parents dans les yeux. Dans ceux de sa mère, il savait qu'il y verrait la douleur d'avoir perdu l'un de ses garçons, et dans ceux de son père, la déception. Alors il est parti. Malgré les mois derrière son volant, à sillonner les routes et à traverser pas mal de villes, Morgan n'a pas évolué. Il s'était dit qu'en partant il trouverait peut être un moyen d'aller mieux, mais il savait qu'il se mentait à lui même. C'était plus apaisant pour lui de se glisser dans son véhicule et d'avaler des kilomètres, plutôt que de gérer réellement ses soucis.

« - Mes premiers rencards ne sont pas conventionnels. » répondit Ezeckiel, suivant l'ancien démineur dans sa tentative d'humour.

Il haussa les sourcils, étonné de la réponse. Sa gène se dissipa quelque peu. L'homme en face de lui faisait tout pour essayer de le détendre, de le faire sentir à l'aise. Cela lui rappela quelqu'un mais il n'était pas bien sur de se souvenir de qui. En attendant, il observa ce petit sourire qui s'épanouissait sur son visage. Cela lui allait bien. Son visage était sculpté pour porter cet air malicieux. Hadresham devrait se méfier, mais il n'y arrive pas. Trop de bienveillance chez lui. Ce qui devrait le convaincre de se méfier encore plus.

« - Ca fait tellement longtemps que je ne suis même plus sûr de savoir ce qu'est un rencard. »

Un léger rire amer franchit ses lèvres quand l'américain se rendit compte de ce qu'il venait de sortir. C'était venu tout seul. A force de vouloir trop réfléchir, il en disait des conneries. Un filtre dans son cerveau à dût sauter. La gène commençant à refaire surface, son regard se porta sur les mains de Ezeckiel qui tenaient son café encore fumant. Il avait de longs doigts, fins, des mains de pianiste. Il pouvait dire ça car il en avait vu passer pendant son enfance, sa mère étant professeur de piano. Cela le fit sourire intérieurement.

« - Tu as souvent des crises dans la même veine ? Je trouve que proposer mon aide ne serait franchement pas délicate, mais c'est tout comme. »

Ezeckiel avait perdu son petit air malicieux. Il avait l'air plus sérieux, plus réfléchi. Cela le vieillissait légèrement, et creusait un peu plus des marques significatives sur son visage. Il semblerait qu'il se fasse souvent du soucis... Est-ce qu'à force de trop s’intéresser aux problèmes des autres, il en perdrait le sommeil ? Bref, cette question était étrange, inconvenante, et ennuyante pour Morgan qui se redressa, perdant à son tour toute trace de sourire.

« - T'es quoi, toi ? Un psy ? » demanda peut être trop abruptement le brun, pas sûr de comprendre la démarche d'un plus jeune. « Et t'a raison, t'es franchement pas délicat. J'te connais pas, et tu aimerais que je te déballe tous mes secrets ? C'est quoi ton problème ? Ca booste ton égo de te trouver des âmes esseulées à secourir ? Ou tu t'fais simplement chier ? »

Soudain, l'ancien démineur remarqua la petite cuillère pliée entre ses doigts. Il jouait avec juste avant et sans s'en rendre compte, poussé par sa colère, il n'avait pas senti sa main exercée une pression tellement forte qu'il avait réussi à la plier d'une traite. Il reposa les yeux sur son interlocuteur et se sentit instantanément mal.

« - Je... j'te présente mes excuses. Je voulais pas dire ça, c'est juste que... je m'attendais pas à ce que... »

Il chercha ses mots. Encore. Mais ne trouva rien de mieux que poser l'ustensile plié sur la table. Sans faire attention, Morgan porta une main maladroite à son torse, frottant sans aucune utilité l'endroit où s’étendait sa cicatrice.

« - C'est juste qu'en général, on ne s'intéresse pas à ça chez moi. Et je n'aime pas en parler. » ajouta Morgan, le regard fuyant.
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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Sam 14 Nov - 13:41



So I'll be needing you




Le romantisme. Une notion qui se perdait avec le temps, qui devenait presque ridicule dans le regard de la nouvelle génération tandis qu'elle gagnait en valeur avec les yeux des anciens, qui jadis, voyaient le romantisme comme la forme ultime d'un amour sincère et sans haine. Le contraste des deux générations se creusait, et pour celui qui fut éduqué « à l'ancienne » selon des doctrines religieuses : cela lui faisait presque de la peine – presque. Ezeckiel fut longtemps persuadé qu'il rencontrerait quelqu'un – homme ou femme il s'en moquait – et que sa vie serait recouverte d'amour et de sincérité jusqu'à en étouffer les idéalistes. Le gamin avait perdu ses valeurs romantiques avec le temps, il s'était laissé porter par le vice de par son incapacité à s'attacher à quelqu'un sans craindre d'en souffrir et de pire encore : le perdre. Vivre dans un monde fait de « si » n'était pas dans la nature du gosse, mais depuis la mort de sa sœur, c'était cette idée qui l'obsédait : et si ? C'était idiot, parce que le monde n'était pas une ligne droite et le grand enfant parvenait encore à croire que le déterminisme n'était qu'une idée reçue et qu'il n'existait aucun destin et encore moins de karma. Toutes ces idées étaient des faiblesses humaines pour se cacher derrière une raison de ne pas se tirer une balle et trouver des réponses à des questions qui ne devraient pas être. C'était sur cela que se reposait la plus grande haine du gosse : l'église et la religion chrétienne. Cette fascination pour une entité qui n'existait physiquement pas et qui n'était là que pour apaiser les cons assez crédules pour croire que la vie se résumait à un monsieur avec une barbe blanche. Ezeckiel avait méprisé la religion depuis sa plus tendre enfance, mais en chemin il avait aussi perdu ses propres croyances et désormais il nageait dans les eaux troubles du doute. Le romantisme était tombé en chemin pour ne laisser place qu'à un désir vicieux charnel, mais sans cela, il se sentirait vide. Alors, que pouvait-il répondre sincèrement à Morgan sans trop en divulguer sur sa personnalité ? Ezeckiel pourrait balancer avec humour de nombreuses phrases, mais cela semblait difficile de parvenir à garder la tête froide par la suite. L'ancien étudiant abandonna alors l'humour en laissant échapper une phrase entre sincérité et mélancolie. « Un moment où on oublie ce que l'on est pour partager avec quelqu'un d'autre. » Rien de connoté, Ezeckiel voyait les choses de cette façon : un moment où il parvenait enfin à faire taire ses problèmes et à s'échapper pour quelques heures. Pour le gosse, ses rencards étaient des rencontres physiques, mais chacun pouvait trouver son bonheur dans un type rendez-vous. « Ou alors un moment chiant, pour les rencards foireux. » Hors de question de rester sur une note triste, alors il retournait la conversation vers la détente pour obtenir une atmosphère paisible. Une paix, qui s'envola bien vite.


Ezeckiel ne pouvait pas être adroit dans ses propos, et la manipulation ne fut jamais sa qualité principale – sauf lorsqu'il était question de sa sœur disparue. Le gamin tenta donc la franchise, laissant paraître de la maladresse qui cachait pourtant un diagnostic approximatif de l'état de Morgan. Zeke était jeune, mais il était loin d'être innocent et crédule, et même ses faux airs de garçon gentils, il savait s'en servir. Observant le comportement de l'homme à la carrure d'acier, ses mots n'étaient qu'un détail de son attitude. Balayant à la fois son regard sur ses mains, analysant le ton et la vitesse de son dialecte. Ezeckiel laissa faire, en gardant un air curieux, abandonnant néanmoins tout sourire pour ne pas pousser la colère de Morgan. Finalement, son regard se porta sur la cuillère qui ne ressemblait plus à ce qu'elle était à l'origine, et finalement le gosse ne quitta pas cet objet du regard malgré les questions qui lui étaient posées. Le gosse releva finalement le regard à la présentation des excuses du presque inconnu qui semblait éprouver plus de culpabilité pour la cuillère que pour l'agression verbale qui précédait. Le serveur observa l'homme poser sa main sur son torse qui pouvait être une marque de stress ou alors une main sur une blessure. Malheureusement, cela serait probablement fort mal interprété par Morgan si le gosse avait le culot de lui poser la question. Finalement vinrent des explications sur la colère brusque... dont le gamin n'avait pas besoin, loin de là.  « Non, je ne suis pas un psy parce que si cela avait été le cas, je t'aurais donné ma carte pour te faire payer une consultation. J'ai étudié la psychologie, donc tu n'étais pas loin. » Le gamin haussa rapidement ses sourcils en venant porter son chocolat à ses lèvres quelques instants pour le laisser digérer l'information qui n'avait rien d'amer, et après tout : il ne lui avait pas demandé son parcours.  « Et on s'intéresse à quoi chez toi Morgan ? Ce qui m'a intéressé chez toi c'est cette différence entre ce qu'on juge au premier regard et ton attitude.  » Le gosse déposa fugacement son regard sur la cuillère. Ezeckiel avait bien sûr une vague idée de ce qui intéressait réellement les gens chez cet homme, puisque probablement aurait remarqué les mêmes détails comme n'importe qui sans cette crise violente.  « Je ne suis pas là pour te faire t'exprimer sur ta vie, tu sais on trouve bien plus de réponses dans une conversation lambda dans un café que dans un cabinet avec un sofa en cuir. Si tu ne veux pas de mon aide, je vais m'en aller, mais je ne suis en aucun cas là par ennui ou par pitié. » Le gamin commença à se redresser, parce que oui : Ezeckiel ne harcelait jamais personne et Morgan avait le droit de refuser l'aide, même indirecte de quelqu'un qui se contentait de parler de tout, et surtout de rien. C'était ça un rencard : oublier tous les malheurs de sa vie.



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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Lun 23 Nov - 23:25

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Morgan se sentit soudain idiot. C'est ce qu'il ressentit alors qu'il observait le jeune homme – Ezeckiel – en face se lever. Il essayait de trouver quoi dire, quoi répondre. Mais se heurta à un flot incontrôlé de pensées dans sa tête. Son cerveau lui hurlait de se méfier, de le laisser prendre sa boisson et de partir, qu'il ne lui apporterait rien et que pour lui il n'était qu'une curiosité. Mais quelque chose voulait l'en empêcher. Ses yeux se baladèrent sur la cuillère pliée, preuve aberrante de son manque de contrôle. Il était esclave de ses pulsions et des fois il ne s'en rendait même plus compte. Il releva alors le regard vers le garçon, qui se tenait prêt de sa chaise, et il ressentit comme une gêne dans sa poitrine, là où sa main était posée.

Ezeckiel était une des rares personnes avec qui il avait échangé durant son... voyage. Il n'était pas en quête de rencontres, ou de beaux paysages comme beaucoup le sont lors d'un road trip. Quand il s'est retrouvé dans sa chambre de gosse, habillé dans son uniforme, son képi jeté sur son lit, a regardé le drapeau américain qu'il avait reçu à l'enterrement de son frère, il s'est senti... étouffé. Par la culpabilité. Il entendait d'en haut sa mère, secouée par des sanglots qui ne semblaient jamais s'arrêter. Et cela l’obsédait. Il n'avait pas le pouvoir de les faire taire. Sa maman serait à jamais détruite par la perte de son aîné, et c'était la faute de son cadet. Oh certes, elle ne lui en tenait pas rigueur. Sans doute était-il le seul à s'infliger cette idée. Mais le regard de son père disait tout. Il voyait le chagrin, l'aigreur, la déception. Il ne pouvait plus le regarder dans les yeux.

Il ne pouvait plus regarder personne dans les yeux.

Alors il est parti. Un matin, très tôt. Ses parents étaient partis pour une consultation pour la patriarche Hadresham, atteint d'un cancer. Il avait empaqueté le minimum... Quelques fringues, des babioles, des antidouleurs et quelques souvenirs. Le bras encore en écharpe, il s'est glissé dans sa voiture et a démarré, sans jamais se retourner. En guise d'au revoir pour les siens, juste un mot, placardé sur le frigo au milieu des vestiges de son enfance accrochés avec des aimants. Il ne leur disait pas adieu mais juste... à plus tard. Quand il irait mieux.

Le problème, c'est que cela fait bientôt un an qu'il est sur la route, à vivre sur des années de salaires durement économisés. Et il était fatigué. Fatigué de juste devoir être qu'une personne de passage, de ne plus voir de visage familier chaque jour. De ne pas avoir de point de chute. Blackwood est sans doute la destination où il est resté le plus longtemps jusque là. Et bizarrement... il n'avait aucune envie de reprendre la route dans l'immédiat.

« - Et on s'intéresse à quoi chez toi Morgan ?  » avait demandé Ezeckiel avant de lui expliquer ce que lui, avait décelé chez le soldat.

On ne s'intéresse pas, avait envie de lui répondre Hadresham. Il n'était qu'un fantôme dans la vie des gens. Il ne liait guère aux autres. Certes, il ne manquait pas certains regards. Il savait à quoi il ressemblait, même s'il ne croisait que rarement son reflet dans un miroir. Après que son bras se soit un peu mieux rétabli, et qu'il ait abandonné son atèle, il s'est remis au sport. N'importe où était une occasion, surtout lors d'une insomnie. Des pompes, des tractions... Il se maintenait en forme, comme si demain, il allait repartir sur le terrain alors qu'il savait très bien qu'il était fini. Mais au delà du physique, Morgan n’intéressait pas. Et les autres avaient raison de ne pas lui porter d’intérêt quelconque. De moins, jusqu'à aujourd’hui...

Alors, il se décida à réagir et son bras s'éleva automatiquement - secoué de légers spasmes dût à sa blessure -, cherchant à retenir le garçon sans pour autant l'atteindre.

« - Ne pars pas ! » asséna Morgan, son cœur ratant un battement. « Excuse-moi, je ne voulais pas mal te juger c'est juste que... je suis rouillé, question communication avec une personne qui ne soit ni caissier, ni veilleur dans un motel.. la preuve. » Justification véridique, mais forte pitoyable, songea-t-il. « Je... »

La question revenait dans sa tête. « Tu as souvent des crises dans la même veine ? » Il connaissait la réponse. Il savait la vérité, mais c'est comme si elle était impossible à cracher. Peut être par fierté, mais il se donna du courage en inspirant profondément et en se redressant sur chaise, ignorant la douleur fantôme dans son bras qui se réveilla. C'est dans ta tête.

« - On m'a diagnostiqué un TSPT il y a un an... Comme tu as fais des études en psychologie, pas besoin de t'apprendre ce que c'est. Si ça s'trouve, tu avais même déjà deviné la dernière fois. » Un rictus mauvais étira sa bouche, c'était bien loin d'être une simple crise d'angoisse. « Je m'efforce juste de... vivre avec. »

Ca et sa culpabilité.
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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Mar 24 Nov - 17:05



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Le pardon, il ne savait pas ce que cela voulait dire. Ezeckiel cherchait l’absolution pour occulter ses cauchemars, mais il était celui dur comme de la pierre qui ne connaissait que trop bien le sens de la rancune amère qui vibrait dans un corps en détresse. Se soumettre à l’ivresse d’une haine, se délecter d’une scène de malheur ou tout simplement éprouver de l’envie de pardonner à quelqu’un qui n’avait cessé de le torturer : il ne le pouvait pas et en serait toujours foutu incapable. Cela explicitait sans doute, pourquoi sa sœur, même vivante, ne reviendrait pas vers lui. Il avait l’âme piquante et le revers de la souffrance avait un goût étouffant dans la gorge de ceux qui avaient tentés de le briser comme un vulgaire pantin. Ezeckiel avait toujours supporté les chuchotements, et tous ces terribles moments où la critique devenait un vice dépassait les abysses de n’importe qu’elle haine. Zeke était une boule de nerf, vive, qui n’hésiterait pas à imploser pour se sentir libre. Libre ? Bien sûr que non. Le plongeur ne pouvait pas vivre dans la liberté, parce que la liberté offrait des choix, et que ce pauvre gamin avait oublié ce que cela faisait de choisir et de ne pas vivre avec une obsession. Son triste quotidien, il l’aimait, même si ce dernier pouvait sembler fade. Quand des gens rêvassaient à des vagues romances en 50 nuances, lui il dévorait des corps sans compter les nuances. Lorsque des inconnus travaillaient pour s’offrir un avenir glorieux : lui découvrait la gloire de tourner le dos à une ligne droite, les chemins de traverses qu’il avait trop souvent déroutés pour le simple plaisir de sévir. Ezeckiel aimait sa vie, parce que lui, avait plus qu’une illusion pour avancer : il avait l’espoir. Et c’était pour cela que le gosse s’en allait, parce qu’après tout, lui, n’avait pas besoin d’aide et qu’il n’avait qu’un corps à vendre et non pas une âme.
Le gosse se leva, non pas pour se faire désirer – cela ne marchait pas comme ça, - mais avec la ferme intention de s’en aller et de laisser cet inconnu se démerder avec ses problèmes. Détournant finalement le regard, sans haine, après tout Morgan ne lui devait rien et Ezeckiel se contentait de compatir à son choix de ne pas réclamer l’aide d’un gamin. Le plongeur esquissa moqueur face à ces excuses qui semblaient se perdre dans le pathos et dont le seul objectif était de conserver le gosse, comme une distraction, ou peut-être comme un soutient sincère. Zeke ne pouvait pas être juge et bourreau, alors il se contentait d’écouter et d’accepter les décisions qui ne le concernaient pas. Esquissant un rictus sur son visage innocent. « Rouillé est faible comme mot.  » Soupirant alors en affichant finalement un faciès bien plus propice à la compréhension.  « Je sais ce que ça fait, alors ce n’est pas nécessaire pour toi de t’excuser.  » Il ne connaissait rien aux problèmes de cet inconnu, mais la richesse du passé du gosse lui offrait la stupidité de croire qu’un silence pouvait se partager. Ezeckiel connaissait le silence qui le dévorait, mais celui de Morgan n’était en rien similaire à ce qu’il avait enduré par le passé. Chacun ses souffrances, cela ne pouvait pas se partager ni même se comparer.

L’ancien étudiant écouta alors avec attention la douce révélation des causes de ses souffrances pour entendre un terme dont il ne connaissait que trop bien la signification : TSPT. Preuve que Morgan ne mentait pas, puisque rare étaient les personnes à se montrer aussi franches sur un sujet aussi délicat. C’était presque drôle, de voir que chaque acte avait finalement une conséquence similaire chez de nombreux patients, mais que le traitement n’était jamais le même selon les individus et que chaque cas méritait de consulter un psy et de débourser beaucoup trop d’argent pour peu. Ezeckiel continuait de l’observer en silence, son comportement qui faisait toujours autant contraste avec le reste. Le gamin n’était pas un manipulateur, mais il avait une certaine facilité pour obtenir ce qu’il voulait. Il ne manipulait pas, mais tournait simplement les choses à son avantage… notamment lorsque cela touchait sa sœur. Ses défauts ne sortaient pas de nulle part, bien évidemment qu’ils avaient une source douloureuse. Le brun balaya finalement la pièce du regard en silence.  « On ne vit pas avec. » Le gosse plaça son regard dans le vide sans véritablement réaliser qu’il repensait à son passé, à ses propres douleurs et à ces moments où la mort le caressait d’un doigt sans jamais lui accorder la paix.  « On fait semblant, on se persuade, on se meurt, on souffre, et on s’étouffe sous les douleurs, mais on ne vit pas avec.  » Le gosse baissa finalement à nouveau ses yeux noisettes sur l’homme qui avait probablement dix centimètres de plus et le triple de ses muscles et qui en un claquement de doigt pourrait lui briser la nuque.  « En parler est une chose Morgan, mais en parler ne change rien. Si tu veux vraiment avancer, il faut affronter cette douleur. Je suis pas psy, et c’est sans doute pour ça, que je peux t’aider : parce que moi je ne connais pas la bienséance. » Le psychologue avait une doctrine morale : ne pas plonger le patient dans ses souffrances, ne pas user de l’hypnose ou encore ne pas attaquer frontalement l’individu. Ce même psychologue qui avait un ordre physique de ne pas toucher le patient et de conserver une bulle d’intimité que le gamin voyait comme une prison dorée. C’était bien parce que la moralité du gosse était contestable, qu’il avait l’opportunité d’aider Morgan.






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ps: tu excuseras mes fautes, la wifi de ma fac est une catastrophe.

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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Dim 29 Nov - 21:11

morgan & ezeckiel
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Juste cinq petits mots. « On ne vit pas avec. » En un quart de temps, Ezeckiel s'était incrusté dans sa vie et il ne disait pas que des bêtises. Il avait raison. Son départ, sa course folle pour mettre le plus de distance possible entre lui et sa famille... Ce n'est pas une vie. Morgan essayait de se convaincre du contraire chaque jour, mais à quoi bon ? La raison de sa présence un peu plus longue à Blackwood en était une preuve : il se devait de faire face, de se réveiller. Il devait se soigner et vite. Mais après presque un an d'errance, sans donner de nouvelles à qui que ce soit, le soldat ne savait plus vers qui se tourner. Il se sentait seul, et vulnérable. Un sentiment qu'il n'avait pas ressenti depuis des années.

« - On fait semblant, on se persuade, on se meurt, on souffre, et on s’étouffe sous les douleurs, mais on ne vit pas avec.  » lâcha le jeune homme, le regard lointain, comme s'il n'était plus ici, à l'instant où il parlait.

Morgan reconnaissait cet air. Certes, il ne savait pas pourquoi Ezeckiel le portait, mais il le connaissait. Ses yeux voyaient des choses que le soldat ne pouvait pas saisir. Une douleur ancienne, encore présente, quelque chose qui le hante. Qui reste toujours dans ses souvenirs, et qui n'a pas l'air plaisant. Le passé. Les bagages trimbalés et parfois dur à ignorer. Morgan l'avait déjà vu en regardant dans un miroir.

« - En parler est une chose Morgan, mais en parler ne change rien. Si tu veux vraiment avancer, il faut affronter cette douleur. Je suis pas psy, et c’est sans doute pour ça, que je peux t’aider : parce que moi je ne connais pas la bienséance. » continua alors Ezeckiel en reportant ses yeux sur son visage : ses yeux étaient noisette mélangée à la couleur ambrée d'un whisky, quoique assombri par un voile de tristesse.

« - Je ne peux qu'approuver sur ce point. » rétorqua l'ancien soldat sur le cas de la bienséance, et un petit sourire tenta de se faufiler sur ses lèvres, histoire de dédramatiser la situation un peu. « Je n'ai pas de solution. Ils ont essayés de me mettre dans un de ces centres pour les anciens vétérans mais... c'était insupportable. Nous étions gavés de pilules en tout genre, et leurs thérapies à la con ne semblaient mener nul part... j'pouvais pas devenir un légume comme certains que j'ai pu voir là-bas. »

Morgan n'y était pas resté longtemps. Il y avait été envoyé dès son rapatriement, et y a été soigné pendant quelque temps. Que ce soit ses blessures physiques, et psychologiques. Il devait gérer avec les répercutions de l'explosion, aussi bien sur son corps meurtri que le deuil qu'il devait faire. Il y avait vu des gars comme lui, usé et blessé par la guerre. Et certains étaient bien plus à plaindre que lui... Les antidépresseurs, les autres cachetons, les psys, les groupes de discussions etc... Il n'était plus en mesure de lui supporter. C'est quand sa mère a finalement eu le droit de le voir qu'il lui a demandé de le retirer de cet endroit. Et comme il devait sortir pour se rendre aux funérailles de son frère...

Il n'y a jamais remit les pieds malgré les refus des médecins. C'était aussi une des raisons de son escapade prolongée.

« - Si tu m'aides... et je me demande encore comment, mais si tu le fais, qu'est-ce que je pourrais te donner en échange ? » demanda-t-il un peu perturbé par tant de charité. « Et... pourquoi ? Pourquoi tu aiderais un paumé comme moi qui sait à peine utiliser ses mots ? »

Un sourire narquois et tremblant étira sa bouche. Les intentions d'Ezeckiel étaient nobles mais si... rares dans cette société.
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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Dim 29 Nov - 22:21



So I'll be needing you





Le silence était la pire des souffrances. Tel un spectre, incapable d'agir, de parler ou même d'avancer de quelques pas et de vivre autre chose que pour le prochain repas. Le silence était la méfiance, la défiance, mais aussi l'aisance à taire des secrets que personne ne débusquerait. C'était un choix, d'écouter l'absence de voix pour perdre sa propre voie. Ezeckiel avait préservé son intimité en taisant ses malheurs et en avançant dans la terreur de s'écrouler à nouveau dans ses vices et de finir par sombrer dans les prémices de sa propre décadence. Il avait conservé ses tares, certaines futiles, d'autres nécessaires à sa propre personnalité. L'affection physique était un besoin maladif que ces troubles avaient éveillé, mais en aucun cas cela ne fut néfaste. Le gosse avait noyé – et noyait – toujours sa peur de l'attachement dans ce système, et demain, ce système serait toujours le même tel un cercle vicieux. Il le vivait bien, et le supportait sans problème, cela n'avait plus de valeur pour la prunelle de ses yeux. Les mecs étaient des coureurs, alors, il préférait cela qu'être un tueur. L'individualisme poussait donc l'être humain dans un silence lourd, mais pour une fois, le gamin avait envie de venir en aide à quelqu'un. Ezeckiel avait une nature profondément généreuse, mais pour ceux qui partageaient son quotidien, cette case sociale tellement vitale dans son esprit : ses amies. Morgan n'était pas un ami, mais il était attirant, physiquement, mais il semblait physiologiquement bien plus intrigant que les personnalités qu'il avait l'habitude de croiser – de baiser – dans son quotidien. Le gosse esquissa alors un sourire lorsque le presque inconnu approuvèrent ses dires. Il vint par la suite lui-même affirmer qu'il ne possédait pas solutions. Ezeckiel s'en doutait, mais bon, il n'allait pas lui répondre aussi sèchement – ne pas finir comme cette cuillère était en effet son objectif. Il vint alors décrire son environnement. En silence – encore lui, - le plongeur imagina la scène, sans censure, et avec toutes les mesures qui inondaient ces endroits où la médecine s'incrustait jusque dans la résine. Ezeckiel compatissait, parce que lui : avait côtoyé les deux faces de cette réalité.


Triste d'ironie, pour un futur psy' de se retrouve en cure pour réparer ses bavures. Le manque, ce manque constant qu'il avait dû faire soigner. Ezeckiel ne pouvait plus toucher un seul médicament sans l'accord d'un médecin, et toute forme de médecine propice à la dépendance lui était prohibée dans tous ses habits. Le serveur savait donc quel effet cela faisait, et à quel point, le rôle du patient était plus ardu que celui de médecin. Ezeckiel avait effectué des stages dans différents centres médicaux, mais il avait étudié également les troubles de guerre. Il n'allait pas mentir : cela ne fut jamais son principal intérêt, préférant l'inexplicable, chose presque normale de par la curiosité humaine qui coulait dans ses veines. Le gosse ne pourrait jamais assimiler ses peines à celles du militaire, mais il pouvait imaginer, ne pas partager sa souffrance, mais l'imaginer. Ezeckiel avait arrêté ses études de par respect de ses valeurs, et Morgan ne faisait que confirmer que le système misait sur la facilité médicale et non sur le traitement véritable. « La magie du corps médical, plein d'espoir, mais se heurtant vite à la réalité. L'Amérique aime les héros en collant maintenant, c'est connu qu'on aime que de la merde de toute façon. Le Canada c'est mieux, y a de la neige. » Ironiser sur l'absence et aller jusqu'à critiquer ouvertement le système. Si Morgan était un militaire, probablement qu'il avait un respect pour ses valeurs. La déduction qu'il soit un ancien de l'armée américaine se faisait par son traumatisme qui était potentiellement récent, son âge et le grade qu'il venait d'évoquer : la culture du gosse était assez diverse, en effet.


Le gosse resta debout, face à Morgan qui posait des questions sur la forme qui cachait le fond du problème. Ezeckiel esquissa un rictus en coin, bien évidemment que lui faire une remarque salace avait effleuré l'esprit du serveur, mais Ezeckiel devait se rappeler ce qui fut le déclencheur de tout cela : un incident. Dans d'autres circonstances, l'ancien étudiant aurait probablement réclamé sa chair en échange, mais pas cette fois. Le gamin laissa son esprit réfléchir, avec sincérité quelques instants avant de finalement soupirer. « Je ne veux rien en échange, cela voudrait dire que j'attends un retour, et ce n'est pas le cas. Mes conditions seront les suivantes : tu ne me mens pas, parce que si tu mens je ne pourrais rien pour toi. Néanmoins la véritable condition se trouve là : quand je te dis de partir, tu le fais. » Il haussa les épaules, comme si c'était évident au travers de ses yeux avec un petit regard malicieux. Ezeckiel savait lorsqu'il était nécessaire de laisser partir quelqu'un, d'autant plus que Zeke supportait à petites doses l'abstinence en présence d'un individu avec un physique attirant, donc s'il ne la supportait plus : il lui demanderait de partir pour éviter Morgan et de le faire sombrer dans une solitude encore plus profonde. « Je ne promets pas un miracle, simplement une relation humaine. » Ezeckiel ouvrit on sac à bandoulière pour en sortir un morceau de papier ainsi qu'un crayon pour noter quelques lignes sur la feuille format A4 qu'il réservait logiquement pour ses cours.  « Mon numéro et mon adresse, comme ça, tu peux réfléchir à ma proposition. Je ne veux pas t'imposer mon aide.  » Déposant finalement le papier à côté de l'ancien militaire en rangeant ses affaires de son sac pour commencer à reculer et se retourner à nouveau avec un sourire narquois.  « Je ne fais pas dans ce genre de rencards, alors non, ce n'en était pas un. » Ezeckiel ne cachait pas sa personnalité fortement attachée à l'amour de la chair, alors se contenta t-il d'un clin d’œil avec un sourire en coin en se dirigeant vers la sortie.






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MessageSujet: Re: So I'll be needing you   Dim 29 Nov - 23:01

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Ezeckiel ne voulait rien en échange. Nada. Pas même l'ombre d'un billet ou un service rendu. Ce qu'il désirait c'était... de la franchise. Et cela étonna Morgan, qui ne s'attendait pas à cette réponse. « Néanmoins la véritable condition se trouve là : quand je te dis de partir, tu le fais. » avait-il répondu, avec un air très sérieux. Qu'est-ce que cela pouvait bien signifier ? Bien sur, il ne s'imposerait pas dans sa vie, surtout pas après une rencontre si... bizarre. Il n'arrivait d'ailleurs pas à se rendre compte qu'il acceptait. D'avoir quelqu'un dans sa vie. Une personne, un visage familier. Quelqu'un qui ne le considère pas comme un fantôme...

Le jeune homme se saisit d'un bout de papier et d'un stylo dans son sac. Toujours debout, il se pencha pour prendre appui sur la table qu'ils occupaient tous deux. Le soldat regarda la mine du crayon glisser sur la feuille alors que son interlocuteur écrivait rapidement une série de numéro et ce qui semblait être une adresse. En tout cas, il les présenta comme tels lorsqu'il déposa la note à côté de lui. L'ancien démineur observa longuement l'objet en question comme si il allait y trouver toutes les réponses du monde, avant de reporter ses yeux sur Ezeckiel qui semblait sur le départ. C'est à reculons, un sourire malicieux aux lèvres, qu'il glissa une dernière phrase en guise de clin d'oeil.

« -  Je ne fais pas dans ce genre de rencards, alors non, ce n'en était pas un. »

Morgan se contenta de sourire à son tour, essayant de refouler la chaleur qui s'épanouissait sur ses joues, honteux. Il regarda juste le jeune homme partir, passer la porte d'entrée du café et soudain il se rappela où est-ce qu'il se trouvait. C'est comme si Ezeckiel avait effacé tout ce qu'il y avait autour pendant quelques minutes. Hadresham saisit la feuille entre ses doigts avant de la plier soigneusement et de la glisser dans sa poche, un air étrange sur la visage. Il ne savait pas quoi en penser. Il ne savait pas quoi faire. Il se contenta de conserver son numéro et... d'attendre. Il verra bien.
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rp terminé

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