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 La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.

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— MEMBRE ≡ The lonely wolf —
≡ avatar : Mads Mikkelsen
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MessageSujet: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Sam 14 Nov - 21:38


L
e temps est lénitif, paraît-il. Les grains du sablier sont une panacée aux maux, à la désespérance. Inexorables, les secondes qui fluent entre les phalanges – fugitives, nonobstant la poigne qui s'élance avec ferveur. Patienter, toujours. Mais qu'est-on sensé attendre ?  Sur son trône contemporain, le triste sire qu'est le patriarche Washington se putréfie comme macchabée au vent. Son espoir, aussi dévoué et luminescent peut-il être, est un glouton anthropophage. Il lui mangeote l'âme, lui ronge les organes, et au gré du temps, il grignotera sa chair, ses os, et le laissera cendres volatiles à l'aquilon. C'est une croisade qu'il mène, contre ce monde qui désire le claquemurer dans une cellule de résignation – contre lui-même, aussi. Il y a la soif de croire, mais aussi, la famine de ne rien avoir à se mettre sous la dent. Rien depuis que la police a hissé un linceul en guise de drapeau blanc, et on le laisse, bête moribonde, dans la fosse aux serpents. Ils ne comprennent pas. Ils ne veulent pas comprendre, ces suppôts d'une justice toute relative, et ils vaquent à leurs occupations comme si tout n'avait été que noir songe. Il aurait tant aimé. Mais ses enfants, eux, ne sont là plus que sur les photographies et les films souvenirs. Dans sa mémoire, qui agonise. Il en vient à croire qu'il est le seul à les avoir un jour véritablement aimés, au point qu'essayer de reprendre une vie normale n'est simplement pas synonyme de vie. Tomber. Se relever. Les yeux crevés et la langue qui pend d'une mâchoire disloquée, porter sa croix, même éclopé. Ils ne comprennent pas. C'est l'instinct de survie qui les pousse à abdiquer, car il est plus aisé de se tromper soi-même que de se lancer dans une traversée du désert. Les pleutres. Les enfoirés.
Ils ne comprennent pas.

Son orgueil pulse à ses oreilles tandis qu'il mire évasivement à travers le pare-brise. Il n'a besoin de personne, qu'il se convainc comme il peut. Non, ce n'est pas de l'aide qu'il s'en vient chercher aujourd'hui, juste... une once de compréhension. Un onguent sur ses plaies suintantes, quelqu'un qui, aussi différent est-il de lui, n'a pas seulement compati, mais s'est prononcé en la faveur des actions du père en perdition. Il aime à croire qu'elle le comprend, elle, l'ondine pour laquelle il développe une affection inopinée, toute désintéressée puisse t-elle être. C'est un comble qu'il puise plus de soulagement dans une simple conversation avec elle plutôt que lover dans les bras de sa propre épouse, et pourtant. Il délaisse Aurore pour Anastasia.
Et tic, et tac, tic, tac.
Il met son clignotant et tourne, direction northern road. Tandis que les numéros de domicile défile, il guigne sa montre. Près d'une heure et quart. Ils avaient rendez-vous pour onze heure. Il l'a appelée pour lui signifier qu'il serait en retard. Puis il l'a rappelée, pour lui préciser qu'il aurait du retard sur son retard. Résultat, il serait légitime qu'elle lui boude cette sortie prévue depuis quelques jours déjà. Numéro 322, dans la partie septentrionale de la ville. Il se stationne aux abords de la maison qui loge les Copeland, un patronyme qui lui donne envie de rendre gorge autant qu'il l'apprécie. Le mari policier n'est qu'un simien auquel il a envie d'ouvrir le goitre, mais il s'abstient de commentaire face à la – ex ? - compagne de ce dernier. William s'extirpe de son véhicule, ouvre le coffre et récupère un petit sac en plastique bariolé de symboles enfantins. Il replace machinalement le col de sa veste longue avant de se rendre à la porte, et de presser la sonnette qui retentit, annonçant ainsi sa présence. Un moment s'écoule, avant que la résidente ne lui ouvre. Il l'observe, tranquille.

« Bonjour. » Qu'il entonne avec courtoisie, avant que les commissures de ses lèvres ne se plient en un faible sourire. « J'ai du retard sur le retard... du retard... Excuse-moi. Des soucis avec ma vidéo-conférence, et mes collaborateurs italiens sont du genre... peu ponctuels. Ils font honneur à leur farniente, j'imagine... » Il hausse légèrement les épaules, et lui tend le paquet. « C'est pour tes enfants. Rien d'extraordinaire, juste... un ou deux jouets que je suis passé acheter sur le chemin. » Sa main désormais libre se range dans sa poche, et sans s'importuner de plus de commodités, le galbe élancé obvie de moitié. « Je t'attends dans ma voiture, rejoins-moi lorsque tu seras prête. »

Il est en tort, et il connait ces dames. Il lui laisse le loisir de choisir le moment de leur départ, offrir le pouvoir décisionnel – même minime – à une femme suffit généralement à la flatter, et donc, à ne point subir son courroux. Elle est chançarde, la joliette blondine, il ne fait guère preuve d'autant de délicatesse avec toutes les représentantes de son sexe, ni même avec leurs homologues mâles, qui plus est. Dans son élan placide, il reprend le petit sentier de traverse et disparaît dans la Bugatti Veyron d'un bleu sobre – quoi que la sobriété soit un peu un antipode de ce genre de voiture, mais à chacun ses vices. Il darde ses prunelles d'obsidienne sur le tableau de bord et se plonge dans son agenda électronique, jusqu'à ce que la donzelle daigne monter du côté passager.
Il démarre, direction l'extérieur de la ville. Le quidam ne dégorge d'aucune logorrhée, il semble pensif. La mélodie de la radio se charge d'égayer l'atmosphère, tandis qu'il se prépare à de nouveau gravir cette montagne, à la fois somptueuse et délétère. Anastasia n'est pas sotte, elle sait que son chauffeur du jour a parfois besoin de mutisme pour mieux préparer la discussion, elle ne s'en formalisera pas – il l'espère. A l'aboutissement d'une certaine période de temps, ils atteignent une station à laquelle s'affairent des ouvriers, qui reconnaissent tout de go l'arrivée cossue de leur patron. L'un d'entre eux, casque tombant de moitié devant ses yeux, trottine jusqu'au véhicule qui se gare et se hâte d'ouvrir la portière à la belle qui accompagne le patriarche Washington, qui, de son côté, sort nonchalamment. Il invite la Copeland à le suivre, et entame enfin.

« J'espère que tu ne t'es pas trop faite aux banquettes de ma voiture, car celles qui nous attendent sont un peu plus rustiques. » Tandis qu'ils progressent, les employés saluent tour à tour le businessman qui ne répond que vaguement. Le binôme entre alors dans une pièce faisant office de salle de contrôle, et de l'autre côté du plexiglas, s'étend les majestueuses et enneigées landes de Blackwood – ainsi que, l'immensurable câblage du funiculaire. « Je t'aurais bien emmenée à travers la chaîne montagneuse, mais cela risque d'être long. Le plus rapide est par ce téléphérique, comme tu dois t'en douter, j'ai fait en sorte qu'il soit remis en fonction, quand bien même est-il interdit au public. L'équipe ci-présente travaille à l'améliorer, d'avantage en terme de confort que de sécurité, j'entends, ce n'est pas périlleux. Mais nous pouvons tout de même l'emprunter. » Il lorgne l'un des individus assigné aux commandes. « Faites venir la cabine je vous prie. » Le damoiseau acquiesce, et pousse sur plusieurs boutons qui font s'approcher le compartiment suspendu au loin. « Une fois là-haut il faudra marcher un peu, cela nous fera office de promenade. Rassure-moi, tu n'as pas le vertige ? »

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MessageSujet: Re: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Dim 15 Nov - 17:16


L
a tête penchée en face de son mac, le coeur lasse d’être brisé une fois de plus. Noircissant les pages en tapant frénétiquement sur le clavier légèrement illuminé, elle travaillait sans être réellement présente dans ce corps qui demandait du repos. Des affaires banales qui ne lui demandaient pas grande attention tandis que ses enfants jouaient avec la nouvelle baby-sitter. Elle se promettait de ne plus s’attacher à ses employés, à celles qui gardaient ses progénitures. Par peur de devoir s’en séparer une fois de plus ou simplement que ses dernières disparaissent comme ce fut le cas pour la précédente. Un samedi nuageux, un jour où la ville serait encore désertée par les frileux qui préféraient regarder un film sous une couette plutôt que de se nourrir d’une richesse naturelle qu’était la nature. Elle clôturait ses derniers dossiers, impatiente de fermer l’ordinateur pour se consacrer à une vie qui n’attendait qu’elle. Monotonie d’une existence où elle désirait toujours plus d’argent, passant des journées à taper des lois pour répondre à ses collègues de la grande ville. Encore quelques lignes et Anastasia seraient une femme libre, profitant de sa journée comme toute mère au foyer. À un détail près, elle irait passer du temps avec cet homme marié. Avec celui qui vivait l’horreur tout comme elle, il y a quelques années. Elle soupirait à ses pensées, lui qui se voulait bien trop présent dans ses pensées depuis des semaines. La blonde, elle ne pouvait retenir son empathie face à cette situation cauchemardesque. Face aux démons qu’ils partageaient. À cette souffrance qui les rongeait sans jamais s’oublier. Des nuits de doute, des jours à chercher ses filles. Ils n’abandonneraient jamais. Il faisait naitre l’espoir dans les pupilles éreintées de l’avocate, rêvant de retrouver son frère un jour ou l’autre. Anastasia, elle ne pouvait voir le corps de son frère, bien trop endommagé par l’attaque. Pas de preuves visuelles, simplement la parole d’un policier qui devenait son mari. Un amour qui venait de basculer avec toutes ses certitudes. Nate, il l’abandonnait comme un jouet usagé, il serait bien capable de mentir pour qu’elle cesse ses recherches. Son estomac se serait alors que son fils venait tirer sa robe impeccablement repassée. Aucun pli, maniaque jusqu’au bout. Elle jurait silencieusement avant de refermer le mac. Cela suffisait. Anastasia, elle regardait l’heure avant de faire les grands yeux. Redirigent son fils vers la femme qui devait s’en occuper, elle commençait à courir vers la salle de bain pour se rafraichir le visage avant l’arrivée de William. Onze heures douze, Anastasia détestait être en retard alors qu’un premier appel venait la prévenir que ce dernier ne viendrait pas tout de suite. Soupire de soulagement alors qu’elle fouillait dans sa trousse de maquillage pour se préparer lentement. Un coup de pinceau pour le teint, un trait de liner fin et du mascara pour faire ressortir ses yeux félins. Un rouge prune qui venait colorer ses lèvres, pas plus d’artifice pour une beauté naturelle. Les yeux rivés sur son reflet, elle constatait cette froideur qui s’installait dans son regard depuis qu’il quittait sa vie. Depuis que tout s’effondrait autour d’elle. Anastasia, elle ne courberait pas l’échine. Elle resterait cette femme charismatique. Pour ses enfants mais surtout pour elle-même. Son ego, voilà ce qui la retenait. Pourtant, il lui manquait chaque jour un peu plus. Cette douleur viscérale qui ne cessait de la torturer. Elle serait martyre, elle serait qu’ombre sur un tableau.

Un second appel alors que la jeune femme commençait à s’impatienter. Le retard, une chose qui la rebutait depuis toujours. Il jouait avec ses nerfs, avec son temps. Anastasia, elle en profitait pour jouer avec ses enfants qui semblaient ravis. Instant rare qui faisait directement retomber la pression. Elle ne voyait plus le temps passer et heureusement pour William qui passerait un sale quart d’heure. La blonde portait sa fille en l’air alors que l’homme se présentait enfin au domicile familial. Pieds nus, elle se dirigeait vers la porte avant de l’ouvrir. Son minois ne cachait pas son agacement grandissant alors que l’homme semblait tout aussi gêné. Elle le saluait d’un signe de tête alors qu’il s’excusait avant de lui tendre un paquet destiné à ses enfants. « Merci. » Un sourire se dessinait finalement sur le visage de la jeune femme. Il pensait à ses progénitures, geste qui la touchait bien plus que de simples excuses. L’homme faisait finalement demi-tour pour l’attendre dans la voiture qui ferait baver plus d’une personne mais pas Anastasia qui possédait également un bolide digne des rois du pétrole. Elle refermait la porte avant d’apporter les cadeaux à ses deux lardons qui semblaient intenables. Ses yeux qui brillaient quand ses derniers découvraient les jouets, l’impression d’être soutenue par William alors qu’il en avait bien plus besoin qu’elle. Anastasia, elle enfilait ses baskets. Elle ne sortait jamais sans ses talons mais aujourd’hui, elle s’habillait d’un jean bleu ainsi qu’une doudoune d’hiver. Un baiser sur chaque front et quelques recommandations pour la femme qui gardait les enfants avant de se laisser mordre par le froid qui s’abattait sur la ville. D’un pas assuré, elle se dirigeait vers le véhicule. S’engouffrant et se laissant tomber délicatement dans son siège, elle laissait un soupire caressait ses lèvres rougeâtres. Anastasia, elle respectait le silence que l’homme imposait. Car cela la reposait des cris qui engorgeaient la maison. Elle se contentait de regarder la route défiler avec un sourire idiot accrocher à son minois. La joie de sortir de son foyer sans ses enfants, de prendre du temps pour elle et de prendre du temps à partager avec William. Il comptait pour elle, peut-être un peu plus qu’une simple amitié. Relation malsaine dont elle s’éprenait facilement.

Arrivée dans un lieu qu’elle ne connaissait pas, la jeune femme suivait la marche de William en saluant les employés sur son passage. Anastasia, elle connaissait l’empire de l’homme mais ne se laissait pas impressionner car ce dernier était comme tout le monde. Du moins, comme elle. Impressionnant et charismatique. Ils arrivaient finalement à une salle de contrôle avant d’expliquer sa démarche. Sa gorge se serrait alors qu’il décrivait leur moyen de transport. William, il essayait tant bien que mal de la rassurer mais la blonde devenait fébrile. « Le vertige ? Ce devrait aller. Disons que je préférerais certainement te regarder dans le blanc des yeux pendant le voyage. C’est beaucoup plus poétique, tu vois. » Elle rigolait nerveusement. Ses genoux qui s’entrechoquaient alors qu’elle perdait de la prestance mais elle aimait les défis. L’adrénaline. La cabine arrivait petit à petit, son estomac commençait à faire des noeuds qui anesthésiaient toute tentative de bon sens. Ils marchaient finalement vers l’engin qui semblait rénové mais pas très stable. Elle s’avançait pour qu’il vienne la faucher au niveau des genoux, pour ne plus faire demi-tour. Installée, les pieds qui touchaient encore le sol, elle se pinçait les lèvres nerveusement avant que la barrière ne se referme sous sa poitrine. Ses mains s’y agrippaient instinctivement. Puis un coup violent qui annonçait la montée. Son coeur qui s’emballait alors qu’elle quittait la terre ferme. Elle se blottissait contre le corps de William, se donnant du courage alors que la blonde tremblait de peur. Son visage se retournait face à son interlocuteur pour se concentrer sur ses traits fins qui marquaient son âge. « Quand je vais raconter ça aux mômes… En fait non, je ne vais rien dire sinon je serais obligée de les emmener. » Elle soupirait, essayant de penser à son dernier pour passer le temps. « Ca ne devrait plus être très long. Tu.. » Une secousse, celle de l’intersection des câbles. Elle s’accrochait un peu plus à la barrière, se taisant jusqu’à ce que ses pieds frôlent finalement le sol. Enfin, Anastasia s’émerveillait du paysage avant de se tourner vers William. Il restait une question qui lui pendait aux lèvres. « Et maintenant ? » La jeune femme, elle attendait qu’il dévoile la suite de la journée alors que son coeur commençait doucement à récupérer. Elle lui faisait entièrement confiance, se perdant volontiers avec lui dans la forêt enneigée de Blackwood.

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Poison
⊹ Aimes moi jusqu'à la haine, enchaînes moi par symbolique. Je suis tienne depuis l'aube, marchant dans les ombres de cette ville en berne. Encercles moi de tes bras, ne te fais pas attendre. La magie d'un baiser n'est que fantaisie quand l'amertume se glisse entre nos lèvres. Fuis-moi au crépuscule.
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MessageSujet: Re: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Lun 16 Nov - 23:17


L
e vertige. Ce n'est pas la peur du vide, lui a t-on un jour susurré, c'est celle de vouloir sauter. L'ultime plongeon, l'acrobatie mortifère pour mieux aller se fendre la boite crânienne en contre-bas. Abreuver de purpurin, les noirs sillons de Dame Montagne – macabre chef d'oeuvre du suicidé. S'ôter la vie comme l'on casse la tige d'une rosacée, croyant mieux faire en l'offrant à la solitude morne d'un vase d'intérieur. C'est si facile. Bien plus que de lutter pour survivre. Sous la brillante émail de son opiniâtreté, il musèle ces désirs enténébrés qui ont plus d'une fois failli l'emporter. Il ne veut rien dévoiler du spectre dont les mâchoires claquent proches de ses chevilles, non, il feint, même devant une âme qui le soutient. Il décèle l'anxiété embryonnaire de la sylphide qui semble plus à l'aise sur l'écorce de la terre que portée par les vents du firmament. Il se fait la réflexion qu'il aurait été adéquat de la consulter plus avant de prendre la décision de leur moyen de locomotion, il occulte parfois que les angoisses d'autrui n'épousent pas inexorablement les siennes. Il n'est point trop tard pour changer d'avis, mais plutôt que lancer l'amorce à la sirène, il préfère que la suggestion vienne d'elle si suggestion devait y avoir. Elle obvie l'anxiété qui la mangeotte par un humour qui tire un rictus amusé au sieur à ses côtés. Il lui reconnaît très volontiers son hardiesse, plus d'une auraient purement éconduit son idée de téléphérique, là où Anastasia se dresse, fière, sans même voiler ce qui l'effraie. Elle n'est pas sans lui remémorer Beth et son aplomb inconsidéré. « Tu me prends par les sentiments à parler de poésie, tu sais que j'aime cela. Je pourrai toujours occuper ton esprit avec un ou deux sonnets, si ça peut t'aider à surmonter cette épreuve. » La cabine claque dans son box, il est temps de monter à bord.

William s'y dirige le premier, mais s'écarte au dernier instant pour laisser entrer sa compagne d'abord. Il ferme la marche, et la porte automatique se tire dans son râble. Son haut galbe se fond sur la banquette, bien plus quiète que ne l'est la jolie créature auprès de lui. Ils entament leur montée, surpris par une secousse annonciatrice, et s'envolent tels des oiseaux en cage métallique à travers le paysage montagnard. La flavescente ondine extirpe ses affects de leur naufrage en s'agrichant au rocher le plus palpable à disposition : le Washington en personne, qui baisse temporairement sa gueule gauchi par l'âge pour vérifier qu'elle ne blêmit pas. Tandis qu'il se laisse happer par l'horizon, il sent les mirettes diaphanes lui lécher la face, et carillonne bientôt le cristal de la voix féminine qui se réfugie encore dans la frivolité. « La prochaine fois ils pourront venir avec nous si tu veux, tes enfants ne me dérangent pas. » A défaut d'avoir encore les siens, il se permet d'adorer les chérubins de ses amis. « Je les aime bien. » Qu'il se sent d'ajouter, comme s'il était plausible d'en douter. Il ne peut se targuer apprécier les progénitures de la planète, mais il a cette fibre que l'on dit paternel, et une sensibilité toute à lui qui octroie aux angelots de le toucher plus que quiconque autre.

Un moment file, imperceptible pour les méninges patriarcales en fusion. Il biaise derechef son attention vers son interlocutrice lorsque celle-ci reprend parole, coupée par le funiculaire qui se charge de répondre à son interrogation. Ils atteignent une seconde station, également peuplée de travailleurs qui les accueillent. Le yankee mène sa camarade qui le questionne à l'extérieur, ils sont juchés sur des hauteurs qui leur présente une vision imprenable sur Blackwood et sa vallée enneigée. La nature de toute sa magnificence et de toute sa vanité, puissante, et éternelle, face aux deux fragiles éphémères qui la mirent. « Maintenant, admirons. » Le quidam longe la barrière sur plusieurs mètres, son crin clairsemé d'une poussière hivernale tombant des arbres. « C'est un bel endroit. C'est pour quoi j'y ai fait installer ce périphérique, car à croire qu'en l'empruntant, l'on change littéralement de dimension. » Il lance un coup d'oeil à Ana, et lui désigne un sentier quadrillé de lampadaires éteints du menton. « Nous allons passer par là, le chemin sillonne la forêt et passe par quelques endroits de charme avant de nous mener... là où nous allons. » Mystère dans le phonème, il convie la demoiselle à se mettre en route, ce qu'ils font, talons dans une neige qui se veut déjà épaisse. Ils se font badauds sous les frondaisons dénudées de la sylve, rencontrant de-ci de-là des ovipares ailées qui s'égosillent ou apercevant l'appendice roux et touffu d'un écureuil effarouché.
Ils se hasardent sur le bois quelque peu rongé d'un pont qui surplombe une rivière. L'eau valse sous le binôme, une mélodie hyaline charmant leur coeur et invitant le businessman à faire une brève halte. Il contemple les lieux comme s'il les découvrait pour la première fois, silencieux – une habitude décidément discourtoise qui le place dans un certain inconfort vis-à-vis de l'avocate. Il se tourne vers celle-ci, sans savoir quelle banalité hoqueter, et à défaut de dire quoi que ce soit, il lui accorde un sourire. Celui-là se veut plus prononcé que ceux qu'il a pu lui dévoiler jusqu'à présent, il traduit son contentement qu'elle soit ici, avec lui. Il n'est pas un parangon de facondes affectives, il favorise l'acte à la parole.
Il reprend la marche.

Plus tard, ils distinguent une intersection, qui n'aurait rien eu d'inusuel si des éléments étrangement chamarrés ne s'y étaient pas installés. Pantois, William presse sensiblement le pas... puis s'immobilise, perclus d'un émoi se grippe à son palpitant. La couleur s'estompe de son visage. Il n'ose plus mouvoir. Un peu plus loin, au pied d'une pancarte fléchant une direction comme étant le « Chalet Washington », s'amoncèlent plusieurs bouquets de fleurs sobrement ficelés. Une petite affiche les escorte, rédigée à la main dans une écriture distincte et soignée.
« A nos regrettés amis, Joshua, Beth & Hannah Washington. »

Les onyx étincelants de William sont fichés sur un tronc biscornu, presque à l'opposé de l'hommage dont il n'a nullement été informé. Il faut croire qu'une cohorte de jeunes gens s'est enthousiasmée à faire varappe jusqu'ici pour déposer des gerbes en la mémoire de la fratrie infortunée. L'attention est touchante. Mais elle le plante comme le carreau d'une arbalète, droit dans la cage thoracique. Le projet apparaît désormais limpide à Anastasia qui devinera leur destination. Il aurait cependant aimé être apte à garder le contrôle de l'escapade, et le voilà en proie à ses démons.

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MessageSujet: Re: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Mer 18 Nov - 18:23


S
on palpitant manifestait la peur qui se lisait dans ses yeux. Sans filtre et sans artifices, elle ne cachait jamais ses émotions quand le contexte s'y prêtait. Car après tout, la blonde était humaine. Capable ne pas se figer d’angoisse ou de se murer dans le doute. Anastasia, elle craignait le vide depuis tant d’années. Depuis que son frère l’emmenait dans une attraction foraine en la rassurant. Une petite descente disait-il, un jeu d’enfant. Naïve, elle suivait dans ce qui allait devenir son pire cauchemar. Un dernier sourire, ses mains qui tremblaient contre ses hanches enfantines. Et elle se laissait happer par la machine, par ce petit compartiment où son frère prenait place également. Une barrière qui la tenait à peine. Le bruit du métal qui se frotte puis coulisse, les sièges qui s’avançaient vers une montée gigantesque. Ana, elle criait déjà, désirant sortir de cette prison de métal. Ses larmes qui coulaient alors que la machine montait pendant que des bruits stridents s’échappaient. Chaque claquement qui désignait la montée de l'étage supplémentaire. Son palpitant qui manquait de se projeter sur les passants qui regardaient la scène d’en bas. Ils devaient l’entendre crier, hurler pour sa vie alors que cela ne semblait jamais s’arrêter. Son frère, il rigolait aux éclats, pensant simplement à un caprice. Puis, ils arrivaient enfin au sommet. Frôlant les nuages, à hauteur des plus grands buildings avant d’être projeté vers le sol. Anastasia, elle se prenait la descente de plein fouet dans le dernier wagon. Le poids de la machine qui rendait l’attraction bien plus rapide. Elle n’oublierait jamais la frayeur, le vide qui la happait. Aujourd’hui, avec William, la cabine lui rappelait amèrement cela. Elle pouvait utiliser l’humour, sa peur ne se ferait pas amie. L’homme il tentait tant bien que mal de la faire sourire mais les traits du visage d’Anastasia se crispaient peu à peu. Les frissons s’emparaient de ses bras fins alors que la cabine arrivait enfin à leur rencontre. « Un sonnet pour la forme, tant qu’on arrive à destination. J’espère que tu es dignes des plus grands poètes de ce monde, je suis difficile comme publique. » Un rire nerveux alors qu’ils s’engouffraient dans la cabine. Elle ne pouvait pas faire demi-tour. Plus maintenant. De toute façon, William piquait sa curiosité. Ce qui se trouvait à l’autre bout des montagnes aussi.

La machine commençait doucement à monter tandis que la blonde s’accrochait tant bien que mal à la rampe avant de finalement s’emparait du bras de William sans ménagement. Elle ne pouvait voir le vide mais savait que ses pieds ne touchaient pas le sol. Anastasia, elle tentait de discuter pour faire passer cette peur qui lacérait ses chairs. Un vertige qui venait la cueillir alors qu’elle parlait de ses enfants. Elle inspirait, écoutant la réponse de l’homme. Cela lui réchauffait le coeur, lui redonnait du courage. William, il appréciait ses enfants. La chair de sa chair. À défaut d’avoir pu sauver les siens, elle laisserait cet homme prendre une place importante dans la famille Copeland. Car il le méritait, car cet homme représentait l’équilibre qu’elle voulait inculquer à ses enfants. Un sourire aux lèvres, elle resterait un peu plus son emprise. Non par peur mais bien par affection. « Ils t’apprécient également beaucoup, William. On les emmènera ensemble, ils seront heureux de voir leur mère morte de peur et le chevalier William qui défie le vide avec panache. » Elle gloussait, imaginant ses lardons. Une secousse brisait son courage, la laissant dans le silence pendant le reste de la montée. Qu’importe, elle savait à présent qu’elle pouvait compter sur son interlocuteur. Elle lui offrait sa confiance. Anastasia, malgré la peur, se sentait en sécurité au côté de William.

Pied à terre, soulagement qui gagnait la jeune femme après le calvaire du vide. Elle ne prêtait pas attention à ce qui l’entourait dans un premier temps, impatiente de connaitre la destination finale mais William en décidait autrement. Il lui offrait ce panorama digne d’un film à haut budget, la nature dans son état le plus sauvage. Féroce et caractérielle, à la hauteur de tous ses fanatiques. Elle levait le nez, appréciait les plus beaux sonnets de cette nature. Une larme qui venait se nichait au coin de l’oeil, l’émotion qui s’emparait d’elle. Elle ne saurait dire pourquoi mais le spectacle réveillait sa sensibilité. Surement l’impression d’un salut salvateur. Anastasia, elle se pinçait finalement les lèvres avant que des mots ne s’extirpent de ses lèvres avec une voix tremblante. « C’est vraiment magnifique. » Elle ne pouvait pas dire plus, incapable de décrire ce qu’elle ressentait à cet instant. Son coeur finissait par reprendre un rythme de croisière alors que l’homme ouvrait la marche pour partir à nouveau à l’aventure. Sa curiosité non rassasiée, elle suivait ses pas avec entrain. Que lui réservait-il ? Elle reprenait doucement ses esprits pour finalement marcher en silence, se nourrissant des différents paysages que lui offrait cette randonnée. La blonde, elle ne possédait que peu d’occasions de sortir de chez elle, de pouvoir apprécier les beautés du monde. Aujourd’hui, elle semblait rattraper le temps perdu alors que le souffle commençait à lui manquer. William, il se trouvait bien plus loin alors qu’il stoppait la marche devant un chalet.

Il se trouvait à quelques mètres, planter comme les sapins qui les entourait. Figé. Anastasia, elle se doutait que cela ne faisait pas partie de la ballade. Se rapprochant toujours un peu plus, elle pouvait à présent lire la pancarte et comprenait bien vite qu’il s’agissait du chalet familial et que des amis venaient déposer des hommages à ces personnes qui ne faisaient plus partie du décor à présent. Sa gorge se serrait alors qu’elle se trouvait derrière l’homme. Ses mains qui venaient caresser les bras de William délicatement pour lui apporter de la chaleur avant de finalement se planter devant lui. Ses mains qui s’emparaient du visage marqué par le temps de son interlocuteur pour détourner son regard sur elle. Anastasia, elle plissait les yeux alors que toutes ses peurs et ses angoisses disparaissaient pour laisser sa force prendre le dessus. « William, ressaisis toi. C’est magnifique, ce chalet respire toujours la joie de vivre. Il est à l’image de ta famille et tu dois en être fier. » Elle ne le quittait pas des yeux, incapable de laisser son ami dans cet état. Anastasia, elle ne mentait pas. Malgré les hommages, ce lieu inspirait à l’amour et à la vie. Il semblait figé dans le temps, laissant l’existence continuer alors que le deuil s’y trouvait à ses pieds. Elle relâchait finalement le visage de l’homme pour lui prendre la main et faire quelques pas en avant. Anastasia, elle allait certainement faire une erreur mais elle ne voyait que cela pour lui redonner foi. « Tes enfants vont adorer ces petites attentions. Je pense même qu’ils vont prendre la grosse tête, si tu vois ce que je veux dire. » La jeune femme laissait un rire discret lui échappait alors qu’elle faisait quelques pas de plus en entrainant l’homme dans son périple. Elle s’arrêtait à hauteur d’une bougie, sortant un briquet pour y faire naitre la flamme. La blonde, elle laissait son visage s’emparait de la chaleur alors qu’elle se retournait finalement vers William. « C’était donc ici que tu voulais m’emmener ? » Un sourire tendre qu’elle lui adressait, touchée par cette démarche. L’avocate, elle aimait cette famille qui se voulait à présent détruite. Elle le soutiendrait corps et âme. Car il vivait le même enfer qu’elle, parce qu’elle le comptait dans ses plus chers amis.

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MessageSujet: Re: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Sam 21 Nov - 21:13


L
a gracieuseté de certaines personnes peut être l'anathème d'autres. L'effet papillon dans toute sa splendeur, pour les affects écorchés du sieur à la crinière cendrée. De simples corolles chatoyantes avaient suffit à étêter l'once d'enjouement qui avait fait pulser l'écarlate à travers ses marbrures jusqu'à présent. Reflet funèbre et douceâtre d'une véracité qui s'est enroulée autour de son goitre à l'instar d'un collier de chanvre. Où qu'il aille. Qu'importe la compagnie qui l'emmaillote de sa bienfaisance. En toutes circonstances. Les réminiscences le heurtant physiquement lorsque son esprit parvient à les inhumer dans les abysses de son encéphale. La vie est pire que tout, a t-il envie de clabauder comme un cabot enragé, car la ribaude, elle, vous rappelle que vivant, vous l'êtes, mais seulement pour un temps. La mort, elle, ne hante jamais que ceux qui ne le sont pas encore. Il sait qu'il n'est pas unique en son genre, point le seul, à porter ce fardeau en guise de triste torche. Toutefois, cela ne l'immunise pas contre les maux, ni ne l'immerge d'une quelconque humilité dans sa souffrance. Il ignore comment son épouse s'y prend, risette à ses lippes charnues et suintant de sa jovialité comme si elle avait fait de ces faux-semblants sa personnalité.
Il sent les délicates phalanges d'Anastasia qui s'essaient à frictionner ses bras comme l'on tente de rallumer une flamme au silex, elle se donne grand peine, il en est plus touché que ses ridules ne veulent bien l'exprimer. Il ne se meut cependant pas, un carcan ineffable au gosier et le coeur hermétique pour ne pas que l'on y distille plus de venin. Mais la blondine se fait aussi opiniâtre que lui, et puisqu'il ne la regarde pas, c'est elle, qui lui replace la tête dans le bon axe et le confronte. Plus qu'une confrontation, à dire vrai, il est question d'une communion, qui ancre l'azur féminin dans le charbon masculin. Et les paroles ont beau être un calice de réconfort, il ne peut le boire jusqu'à la lied. Il sait et reconnaît la bonté d'âme de l'avocate, mais il n'est pas d'accord, et ne se laisse pas convaincre par ce qui n'est pas vrai. Un pli se forme à ses lèvres, et il quitte les prunelles célestes de son interlocutrice pour contempler autour d'eux. Il ne décèle aucune trace de joie de vivre, seulement des stigmates. Sempiternels. Il se laisse mollement entraîner pour faire quelques pas, ne s'esclaffe aucunement au trait d'esprit sur ses enfants, il tend même à se tourner vers une autre direction avant que la faible étincelle de la bougie n'attire son attention. L'ondine lui adresse le plus lilial des sourires, il aurait aimé pouvoir le lui rendre, mais ses traits se coagulent dans l'affliction.

« J'apprécie ce que tu fais pour moi Ana, sincèrement. » Susurre t-il d'une intonation gutturale, tandis qu'il l'admire comme l'égaré du désert face à un mirage. Un espoir chimérique que l'on adore sans pouvoir le toucher. « Mais arrête, s'il-te-plaît... » Sa paume épouse la joue froide de la nymphe, son pouce en mesure la cambrure dans une subtile caresse. « Ne mens pas juste pour me réconforter. Cet endroit est un havre traître tout au plus, n'y règnent que la froidure automnale et les souvenirs bohèmes de ce qui s'y est passé. Cet endroit ne me rend pas heureux. Je n'ai plus la prétention de l'être, de toute façon. Je ne veux pas que tu t'échines à me redonner ce qui ne fait plus écho en moi, la joie n'est pas un critère essentiel pour vivre. Je vais vivre, ne t'en fais pas. » Sa main tombe, lâche, le long de son corps. « Vivre pour mes filles. »

Elle sait, il n'a pas besoin d'en dire plus. Il n'a cure de errer avec les sentiments informes que lui ont légué les tragédies, il s'en contente, à l'image d'un condamné qui déambule tranquillement, jour après jour, dans sa prison en attendant que sa peine s'écoule. Il s'approche et son bras, lors d'un fugace instant, encercle la taille gracile de la donzelle pour la conglomérer à lui. L'étreinte est fugitive, tant et si bien leurs deux corps s'effleurent plus qu'ils ne s'épousent, car il passe à côté d'elle pour poursuivre la route qui descend. Il ne veut plus un regard pour l'autel de fortune qui rend certes hommage à Joshua, mais qui, à son goût, insulte ses jumelles qu'il veut encore de ce monde. Il ralentit la rythmique de ses pas pour laisser le loisir à sa compagne de promenade de le rattraper et de se positionner à sa droite, alors qu'il semble chercher dans l'intérieur de sa veste.

« En joie ou pas, cet endroit est important et c'est en effet ici que je voulais t'amener. Tu vas comprendre. » Il extirpe un paquet de cigarettes de sa poche interne, l'ouvre, le porte à sa bouche pour pincer l'un des tubes nocifs et le replace ensuite dans sa cachette de tissu. La clope, il y est tributaire, s'il n'a en aucun cas abandonné les recherches pour Hannah et Beth, il a en revanche abdiqué en ce qui concerne sa santé. « Tu entends ce vacarme ? » Un tapage de machines et de voix humaines, le tout jure avec l'apparente quiétude des lieux. D'une main, il sort un zippo frappé de l'emblème de la Galaxy Drop, et de l'autre, il désigne les hauteurs. « Là, la bribe de chalet que tu aperçois là-haut, c'est le nouveau. Le chantier est en pleine effervescence, c'est la même équipe qui a construit le premier, ils savent ce qu'ils font. Je les veux identiques, par ailleurs, à la planche prés. Je sais que les rumeurs vont bon train en ville, surtout sachant que je n'ai encore rien confirmé à la presse. Eh bien, maintenant, tu sais. »

Il a l'audace et l'impudence de défier une nouvelle fois ces montagnes, et surtout, ces légendes qui ensorcèlent les esprits les plus malléables. C'est une provocation, ouverte, et une nécessité pour ses plans artistiques à venir. Enfin, il allume le cylindre de nicotine duquel il inspire une large bouffée, qu'il expectore dans un nuage épais et malodorant que le vent a tôt fait d'emporter. Ils descendent toujours, jusqu'à arriver sur un large plateau où l'habitation de jadis s'est transformée en sciure et cendre. Des vestiges, dont on reconnaît encore des escaliers et un amas de poutres, intacts, depuis le jour où l'incendie s'est bâfré de tout. William s'arrête à proximité, plein d'un sang-froid qui diffère de sa précédente perte de moyens.

« Inutile de te dire ce que c'était. » Le sieur dirige son regard sur la flavescente sylphide. « Il ne reste rien du chalet, les pompiers sont arrivés à temps pour que le feu ne se propage pas dans la forêt, voilà tout. Tout ce que nous y avions a été perdu, absolument tout. Ce qui était en suffisamment bon état pour être dégagé l'a été, mais je dois encore faire nettoyer cette place, sur laquelle je ferai installer un mémorial. » Pour son fils, mais aussi pour tous ses amis qui y ont péri. « Au jour d'aujourd'hui, je me demande encore comment tout ceci a pu arriver... Tant cet épisode que le précédent. » Dit-il en référencement à la disparition de ses filles, qui reste encore, de toute l'histoire, le plus mystérieux.

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MessageSujet: Re: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Dim 22 Nov - 14:40


L
es yeux rivés sur celui qui se décomposait peu à peu. L’espérance qui naissait dans les yeux de la blonde qui usait des mots pour soigner ses maux. Mensonge qu’elle crachât pour retrouver l’allure paisible de son partenaire. Au fond, elle croyait elle-même à son discours. À tout ce qu’elle pouvait dire pour revoir le sourire de William. Ce chalet, débris d’une vie qu’on lui arrachait sauvagement. Ce lieu qui vivait par les hommages, par ses malheurs qui engloutissaient toute la beauté de ce paysage. Elle n’y voyait qu’une pancarte y inscrivant la direction mais cela lui suffisait pour semer la nostalgie. Il fallait y croire, être la plus convaincante pour que l’homme en oublis ses plaies béantes qui le rongeaient chaque jour. Elle y mettait son coeur et son âme, noyant son regard dans celui du cadavre. Ce corps dont l’âme se voyait souvent bien trop absente. William, il portait ses blessures comme un soldas de guerre. Silencieux, incapable de discerner le bon du mauvais à force de chercher. Il allait sûrement devenir fou, perdre le contrôle de cette situation mais elle sombrerait avec lui. Pauvre nymphe qui se laissait croire que tout le monde se trouvait en vie pas loin d’ici. Tout le monde, même son frère. William, il était son ancre, celle qui transperçait les fonds marins pour les emporter dans l’oubli. Les yeux rivés sur les restes d’une vie, perçant les pupilles du brun en un claquement de cil. Elle attendait une réaction favorable mais l’homme ne semblait pas dupe. Il rétablissait une vérité, envoyant tous les arguments balader à son bon vouloir. Son pouce qui effleurait le visage porcelaine de son interlocutrice avant que sa main ne se perdre dans l’infinité de l’espace, le long de son corps. Anastasia, elle fronçait légèrement les sourcils. Ses lèvres qui se pinçaient. Quelques secondes de silence, l’incompréhension qui la gagnait. Ses dires ne représentaient pas tous des mensonges. Elle baissait les yeux, s’avouant vaincu face à l’homme qui ne courberait pas l’échine. Sa main qui attrapait celle de son interlocuteur, la serrant fort en baissant les yeux. Besoin de contact, de sentir qu’il était toujours là. Les phobies d’Anastasia qui ne la quittaient pas, la peur de l’abandon bien trop présente dans son esprit. « Très bien, William. J’avoue que ce n’est certainement pas l’endroit le plus accueillant mais cela appartient à ton passé. » Elle se raclait finement la gorge. « On trouvera autre chose pour te rendre ce bonheur, je te le promets. » Des paroles qui devraient pourtant sortir de la bouche de sa femme mais c’était bien l’avocate qui vendait une fois de plus son âme. La jeune femme, elle ne faisait jamais de discours en l’air. Pas d’artifice, pas de promesse qu’elle ne pourrait tenir. Elle rendrait un bout de paradis à son ami, lui redonnant l’envie de vivre pour autre chose que cette quête qui les menait vers l’euphorie d'une folie future.

Une étreinte qu’il lui offrait, un échange qui confirmait à la jeune femme qu’il restait néanmoins présent malgré la situation qui lui donnait des frissons par dizaines. Leurs corps qui se trouvaient pour finalement se séparer dans la même spontanéité. Il reprenait la marche, quelques pas alors qu’Anastasia restait planté devant les nombreux hommages. Ses yeux qui se remplissaient de larmes, l’émotion qui venait la cueillir à chaque fois. Elle se trouvait faible depuis que Nate décidait de quitter le foyer. Une enfant qui craignait le noir et la solitude, incapable d’avouer ses faiblesses à qui que ce soit. Un dernier coup d’oeil, certainement malsain au vu des faits dramatiques. Elle rejoignait son compagnon qui tirait un paquet de cigarettes. Anastasia, elle n’y prêtait pas vraiment attention. Il se voulait assez grand pour faire ce genre de choix. Elle-même se privait par quand la pression se voulait oppressante lors de ses heures de travail. C’était un simple moyen de souffler, de s’évader. Il lui indiquait l’endroit d’où les bruits de machines s’extirpaient ainsi que des hommes qui criaient à travers la nature paisible. Elle levait les yeux, observant un chantier. William, il lui expliquait ses intentions avec tout le calme qui le caractérisait alors que la blonde fronçait les sourcils. Elle ne comprenait pas la démarche mais c’est sûrement car il n’y avait rien de vraiment logique dans cela. L’avocat, elle observait cela quelques minutes, fascinée par l’initiative et assez perplexe. Elle finissait par retourner son attention sur son camarade. Sourire crispé, livre ouvert qui ne savait cacher ses émotions et ses doutes. « Tu es conscient que ça ne sera jamais le même chalet ? Que ce n’est qu’une projection que tu offres à ton subconscient ? » Elle ne pouvait s’en cacher. Après tout, il pouvait entendre la vérité. « Et ta femme, elle en pense quoi ? » En même temps que cette dernière question, ils continuaient à descendre sur cette montagne qui réservait encore une poignée de mystère.

Pour l’heure, elle savait pertinemment où il l’emmenait mais ne savait pas vraiment comment elle allait retrouver ce chalet. Déjà touchée par les hommages, elle n’imaginait pas l’habitation. Ses pas qu’elle voulait stopper pour ne pas connaitre ce mystère mais elle ne pouvait pas abandonner William. Pas maintenant. Aux portes de ses démons. La blonde profitait du spectacle que la nature lui offrait tandis qu’il s’approchait finalement d’un plateau recouvert de cendres empaqueté. Les frissons qui la cueillaient de chaque extrémité. L’incapacité d’aligner des mots cohérents. Elle écoutait à nouveau les explications de son interlocuteur. Il semblait avoir tout prévu. Anastasia, elle était touchée par toutes ses confidences. William lui donnait sa confiance, sachant pertinemment qu’elle serait muette face aux questions. Ses yeux qui se posaient sur les débris du passé, l’émotion qu’elle s’interdisait. Elle ne pouvait qu’imaginer le mémorial que l’homme comptait installer à cette place. La grandeur d’âme qui s’en ressortirait, certainement. Anastasia, elle voulait faire partie de ce projet. Elle ne savait pas comment y contribuer mais, elle désirait y laisser sa trace. « C’est une merveilleuse idée, William. » Un sourire qui se dessinait sur son minois. Une voix claire qui s’évaporait dans la majestueuse montagne. « Pour Josh' » Elle ne pouvait s’empêcher de laisser sa compassion reprendre le dessus. Anastasia, elle aussi se demandait pourquoi les précédents événements s’imposaient à elle. Combien d’insomnies venaient semer le doute dans son esprit. Frissonnant dans son manteau, elle se tournait entièrement pas William. « Je crois qu’il n’y a pas d’explication logique à tout ce qui arrive. La vie fait simplement ce que bon lui semble et nous devons accepter ses volontés. » Un soupire, désespoir qui pointait le bout de son nez. « Tu sais, je me demande toujours pourquoi mon frère m’a été enlevé. Décédé ou disparu, qu’importe. Puis je me dis que, sans cela, je ne serais jamais venue dans cette ville. Je n’aurai pas connu Nate et mes enfants ne seraient certainement pas là. Et toi, tu ne serais pas dans ma vie. » Elle lui adressait un doux sourire. « C’est peut-être nécessaire, justement. Et je te promets que nous aurons le droit à notre fin heureuse. » Retrouver les disparus, reprendre une vie qui s’arrêtait depuis assez de temps. Encore une promesse de la part de l’avocate. Peut-être celle de trop, celle dont elle ne pourrait contrôler les conséquences.

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MessageSujet: Re: La spéculation est luxe là où l'action est nécessité.   Dim 22 Nov - 18:28


A
force de faire de ses affres l'épicentre de toutes choses, l'ectoplasme éclopé qu'il est devenu en omet qu'il peut, sans intention, emporter d'autres âmes dans son innommable vortex. Est-il lune opale d'espérance dans la sorgue noire ou poids délétère à la cheville qui entraîne dans les tréfonds ? Même pour lui, son rôle est fuligineux. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il se sent bouffon de cette funeste vaudeville qui fait jouer les choeurs de toute la ville, voire de tout le pays, dans un complot vilement ourdi : celui de faire d'êtres chéris et disparus des fantômes de l'oubli. Ils savent tous deux ce que cela fait d'être les clowns de la pitrerie, et pourtant, cette harmonie émotive ne les garde pas d'adopter des comportements différents. Même mesure et même étendard, ils sillonnent la route, dans des démarches dissemblables. L'un ne demande pas à l'autre de le talonner comme le mouton suit son troupeau, le respect dans la disparité, voilà ce qui, paradoxalement, les unit, et ils cherchent tendrement à s'apprivoiser comme deux bêtes de races proches. Il ne lui tient pas rigueur d'essayer de le dérider, comme elle n'a guère de rancoeur quant au fait qu'il ne fournit aucun effort en ce sens. Ana n'est pas l'une de ces hydres du grand monde devant lesquelles il emprunte volontiers un masque versatile, survie ou décorum oblige. Il est, pour le meilleur et pour le pire, lui-même, ou ce qui demeure du quidam qu'il a un jour été. Elle l'accepte tel quel, tant pis pour elle.
Les lippes d'incarnat de la belle s'étirent en une nouvelle risette, moins honnête, il le sent, ou plutôt, sculptée dans la façade d'une femme qui ne sait mentir et qui n'en a aucun intérêt. Il sait son initiative saugrenue, voire complètement folle, il se prépare d'ores et déjà à se faire lapider par les commentaires en tout genre et les articles de presse. Mais ce ne sont point les dithyrambes et encore moins l'accortise des gens et des journaux qu'il désire, s'il a osé, c'est pour un dessein personnel qu'il couve encore de secret. Alors, la réaction de son interlocutrice ne le laisse pas pantois, il darde une oeillade tranquille sur son minois, pour la détourner dans un soubresaut de rire sarcastique lorsqu'elle interroge l'opinion matrimoniale. Il préfère se brûler le gosier à la nicotine plutôt que de répondre tout de go, ce qui laisse l'opportunité à l'avocate de poursuivre dans son élocution.

« Je le pense aussi. » Qu'il s'accorde quant au mémorial, c'est le moins qu'il puisse faire, après tout, ce lopin de montagne lui appartient, il y érige ce que bon lui semble selon la loi. Il hoche ensuite le crâne lorsqu'elle évoque son fils, qui, il le sait, ne reviendra jamais, lui. « Il aimait beaucoup cet endroit. » Déclare t-il, comme pour conjurer un sort alentour, se remémorant les moments qu'ils avaient ensemble partagés ici. Puis, voilà que l'envie leur prend soudain de philosopher sur la raison pour laquelle les choses arrivent, même les plus ignominieuses. Les fameuses causes à effets, pas toujours impartiales, mais inéluctables. Il comprend, tristement, que l'infortune qui a fauché le frère de la blondine a aussi été une certaine bénédiction. Ses années de passion avec le primate au joli héraldique  policier, leurs biens beaux chérubins, et plus récemment, l'amitié venue ceindre les essences de deux âmes en quête de l'impossible. Il baisse le chef, exfiltrant la fumée par ses narines tandis que les mots de l'oratrice scelle prématurément la fin de leur cauchemar éveillé. D'ordinaire, il taxe ce genre d'élan de songe-creux, et il contemple la candeur de ces dames avec une certaine admiration, presque envieux, alors que lui se prône cartésien. Toutefois, force est de constater qu'il la rejoint sur ce point, car s'il ne croyait pas en un dénouement bienheureux, il ne s'esquinterait pas à garder espoir. A moins qu'il n'ait bâti toute cette tromperie pour ne pas sombrer dans la plus pure vésanie. « Un mal pour un bien. » S'exprime t-il comme pour résumer la pensée de la belle, et mieux y apposer sa réflexion. « Je trouve la balance fort déséquilibrée, mais soit. Je suis heureux d'avoir eu l'occasion d'apprendre à te connaître, cela ne serait probablement jamais arrivé même du temps où Beth était la nourrice de tes enfants. Et j'ai aussi envie de croire que nous y arriverons. »

Il pose ses onyx sur son gracieux galbe, et lui sourit. Même s'il lui inflige de le voir branlant sur ses bases, il ne supporte pas de voir que son optimisme à elle puisse être écorché. Peut-être est-ce un suicide collectif, que de continuer à croire. Mais quitte à trépasser, autant le faire en étreignant ses convictions. « Pour Beth, Hannah et Lukas. » Achève t-il avec volonté ondulant le long de ses syllabes. Il convie alors Anastasia à faire quelques pas supplémentaires, longeant les ruines grisâtres pour se poster un tantinet plus loin, et se mettre face aux hauteurs sur lesquelles le chantier a lieu en ce moment même.

« Lorsque le chalet sera construit, on pourra parfaitement distinguer la toiture d'ici. Ce sera comme si le nouveau narguait les restes de l'ancien, puis, comme s'il veillait sur le mémorial, en quelque sorte. Je l'ai fait construire plus haut, pour la symbolique. » Il marque une pause, et songe à ce qu'elle lui a dit précédemment. Un cautère à son subconscient, c'est ce qu'elle a voulu dire, par crainte que tout ceci soit un acte de médecine très alternative. « Je suis conscient que ce ne sera qu'une pâle copie, je ne fais pas ça pour combler un manque, je te rassure. Si j'en ai décidé ainsi c'est, premièrement, parce que je refuse que tous ceux qui se sont opposés au projet initial remportent la partie. Peut-être est-ce puéril de ma part, mais je refuse d'endurer les sourires victorieux et les classiques « on vous avait prévenu » de ces gens, qui se serve de mon nom pour donner exemple à ce qu'il ne faut pas faire en plus d'alimenter le folklore local. » Il sourcille, visiblement irrité. « Conneries de mythes. » Crache t-il comme l'on veut se débarrasser d'un glaire qui dérange. « Quoi qu'il en soit... ça, et le fait que je veuille y tourner un film. » La confession la fera sûrement tomber des nues, il en est conscient. Il porte sa clope à ses lèvres et reprend. « Sur mon fils et mes filles, en l'occurrence. Sur l'horreur de cette année écoulée. A défaut d'y mettre des mots, j'y mettrai des images. C'est la raison pour laquelle je veux ce nouveau chalet authentique. » William affiche un sourire qui n'en est pas véritablement un. « Bien sûr, nul besoin de te préciser ce qu'en pense Aurore... Nos rapports s'étaient déjà considérablement dégradés, mais depuis qu'elle a appris pour mes projets, elle me montre les crocs comme une lionne blessée. Non seulement elle n'approuve aucune de mes idées, mais en plus, elle est vexée que je n'aie jamais consulté son avis sur le sujet. C'est étrange, elle aiguise les armes, et à la fois, elle hisse le drapeau blanc et tente de renouer. La triste vérité, c'est que nous nous battons plus l'un contre l'autre que l'un avec l'autre. Tant pis. Tant mieux. J'ai fait une croix sur son aide il y a un moment déjà. » Subitement, il croit se souvenir de quelque chose. Il lorgne la donzelle, dont les écueils conjugaux ne sont pas à mésestimer dernièrement. « Et toi, au fait... ? »

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