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 CIRILLA + one last breath.

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— MEMBRE ≡ The lonely wolf —
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MessageSujet: CIRILLA + one last breath.   Dim 8 Nov - 16:38

ONE LAST BREATH.
cirilla & nate

Ma main est couverte de sang alors que les branches écorchent mon visage. Je ne sais pas depuis combien de temps je cours, ni même si je m’enfonce dans la forêt, ou bien si je m’approche de la route. Lentement, je perds le moindre de mes repères. Je peux les entendre, juste là, derrière moi. Le bruit des branches qui se brisent sur leur passage. Je peux deviner leur présence, leur souffle sur ma nuque. Ou peut-être suis-je en train d’halluciner. Peut-être ai-je réussi à les semer. Mais, je n’ai aucun moyen d’en être sûr. Aucun moyen de savoir. Alors je cours. Droit devant moi. Je ne vois plus la lune à travers la cime des arbres, je pourrais bien m’enfoncer sur leur territoire au lieu de m’en éloigner. La douleur persiste. Comme un poignard qui me déchire les entrailles. J’aimerais tant pouvoir m’arrêter, contempler la plaie, la panser, m’assurer qu’elle ne saigne plus, que tout irait bien. Mais, je ne peux pas m’offrir ce luxe. Je n’ai plus d’arme, plus le moindre moyen de défense. Et ils sont là, juste derrière moi. Chaque parcelle de mon être me le hurle. Je peux le sentir. Instinct de chasseur. Mais, je ralentis. Malgré moi. La plaie au niveau de mon estomac m’est bien trop douloureuse. A vif. Je ne veux pas penser aux conséquences. Je ne peux pas me le permettre. Pas maintenant. Je sache de mon esprit toutes ces images, tous ces cauchemars qui ne tarderont plus à devenir réalité. Je dois courir. Aussi vite que mon corps me le permet encore. Pourtant, je peux encore sentir ses griffes déchirer ma peau. La douleur, fulgurante, déchirant ma chair. La peur de mourir. Le feu qui jaillit du lance-flamme, qui m’est arraché des mains. Tout s’est passé si vite. Trop vite. Au point que j’en ai oublié comment je me suis mis à courir. Comment j’ai pu leur échapper. Je ne me souviens pas. Je ne me souviens plus. Combien étaient-ils ? Les arbres se mettent à danser autour de moi. Une perle de sueur vient danser au-dessus de mon œil droit. La fatigue s’empare de mon corps. Lentement. Inexorablement. Mes dernières forces m’abandonnent. Et déjà, je me vois mourir comme de trop nombreux membres de ma famille. De leurs mains, de ce qui fut, jadis une main. Je ne veux pas mourir ici. Pas comme ça. Pas maintenant. Pas ici. Pas avant eu la chance d’avoir vu mon fils grandir. Pas avant d’avoir pu conduire ma fille jusqu’à l’autel. Pourtant, déjà tout devient flou, et je sais que j’ai arrêté de courir. Je ne fais plus que trainer mon corps du mieux que je le peux, dans la direction que mon instinct me dicte de prendre. Le sang glisse entre mes doigts, poisseux. Ma main glisse, laissant la plaie à l’air libre. Je n’ai plus la force de me battre. Je titube. Et bientôt, elle m’apparait, cachée par de sombres nuages. Une lune en croissant. Quelques pas seulement, et je serais libre de ces bois maudits. Quelques pas. Quelques enjambées. Mes dernières forces. Et bientôt, mes pas foulent le goudron. Je titube. Peine à rester debout. Et soudain, la lumière devient aveuglante…
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MessageSujet: Re: CIRILLA + one last breath.   Lun 9 Nov - 22:23



one last breath
cirilla & nathanael

« Bon, c'est parti ! » Assise sur le lit de son petit appartement à New York, les yeux de Cirilla Blackwell s'attardèrent un instant sur les valises pleines jonchant le sol. Partie depuis trois mois maintenant pour exposer et vendre ses photos, il était grand temps de rentrer chez elle à Blackwood. Tant de personnes lui manquait et en pensant à elles, le mal du pays se faisait ressentir. Chaque jour, ses pensées allaient à son père, son frère et sa sœur, mais aussi à son petit ami et à son chat qu'elle avait dû laisser à la maison. En bas de l'immeuble de huit étages, le taxi qui doit emmener Ciri à l'aéroport, klaxonna. Ce qui obligea la brunette à sortir de ses songes.

+++

Arrivée à l'aéroport, Cirilla vit tout de suite sur le panneau d'affichage que son avion pour le Canada était en retard d'environ deux heures. Heureusement, elle avait prévu le coup et s'était justement choisi un avion qui lui permettait de rentrer chez elle lorsqu'il fera jour. Toutefois, connaissant le trafic aérien, on n'était jamais à l'abri que l'avion soit encore plus retardé ou annulé. Ce qui voudrait dire que Stone arrivera à Blackwood pendant la nuit. A cette réflexion, la jeune femme frissonna d'horreur. Rare était ceux qui connaissaient le secret que renferme la forêt de Blackwood. Le père de notre jeune photographe l'a appris à ses dépends. On raconte qu'un esprit rôde dans ses bois à l'affût d'âmes égarées à dévorer. Pour beaucoup, ce n'est qu'une histoire qu'on raconte au coin du feu pour ce faire peur. Pour d'autres, ces personnes comme Ciri, il existe bel et bien. On l'appelle le wendigo. Il est impossible de le tuer, c'est un esprit qui prend possession du corps d'un être humain lorsque ce dernier à manger de la chair humaine. Difficile à croire tant qu'on ne l'a pas vu de ses propres yeux. Jusqu'à présent, la demoiselle n'en a jamais croisé, mais ses parents ont eu affaire à ce monstre.

Officiellement, la jolie brune est photographe, mais officieusement, c'est une chasseuse de wendigo. Enfin, ce n'est qu'un titre, l'héritage de la famille Holloway dont elle fait partie. Elle n'est jamais partie le soir en forêt, un lance-flamme sur le dos pour les chasser. Elle ne s'est jamais poster non plus à la lisière de la forêt pour bloquer le passage aux imprudents la nuit venue, comme le faisait sa mère. Sa mère... Cela fait dix ans qu'elle était morte. La malheureuse a croisé la route d'une de ces créatures et n'a pas pu lui échapper ce soir-là. Ce venger ? Cirilla y a pensé... Pendant une seconde avant que la raison lui revienne. Malgré sa connaissance sur ce monstre et un entraînement de chasseur, elle n'était pas prête s'y risquer. Quelle chance aurait-elle à le trouver et à le tuer avant qu'il ne la tue ? Très peu de chance. Ca tiendrait même du miracle. Mais est-ce une raison pour rester bien tranquille, au chaud chez soi, pendant que des innocents meurent ? Bien sûr que non ! Mais du haut de ses vingt-trois ans et de son mètre soixante cinq que pouvait-elle faire ?  

+++

Elle l'avait craint et c'est arrivé. La nuit est tombée à Blackwood quand son avion se posa sur la piste atterrissage. Sans perdre un instant, Ciri sorti de l'aéroport, bousculant au passage quelques malheureux « Hey !!! » « Désolée ! » Les bagages en main, elle alla vers sa voiture. Dans le coffre, il y a un fusil à pompe. Un rapide coup d'œil au alentour pour vérifier que personne ne la regarde avant d'aller au volant de son véhicule, l'arme posée sur le siège passager. « Avec de la chance, je n'aurais pas à m'en servir. » Soupira-t-elle en quittant le parking de l'aéroport.

Ensuite, tout s'est passé si vite... La fille de Murphy Blackwell conduisait à bonne allure sur la route de la forêt de Blackwood. Elle avait gardé les fenêtres fermées et il n'y avait pas de musique dans l'habitacle. Soudainement, une silhouette se dessina au milieu de la route. Freinant brutalement, la chasseuse fut projetée d'avant en arrière, mais évita in extremis l'inconnu. Ses yeux verts restèrent fixés un moment sur l'homme. Rapidement, son cerveau analysa la situation. Il était épuisé et du sang maculait ses vêtements. Prenant en toute hâte son fusil, Stone sorti de la voiture pour soutenir le blesser et l'aider à s'installer dans la voiture. Il fallait être rapide et silencieux et c'est ce qu'elle fit jusqu'à qu'elle soit dans la voiture. De plus, l'homme avait perdu beaucoup de sang. Après un démarrage en trombe, la jeune femme s'autorisa un rapide regard dans son rétroviseur intérieur. Elle vit traverser un éclair blanc. Son passage était si rapide, qu'elle aurait pu croire avoir rêvé. Cependant, Ciri savait que ce n'était pas une illusion, mais un wendigo. Après un moment de silence, elle décida de parler la première. Elle se mordilla la lèvre inférieure, un tic qui signifiait qu'elle avait envie de dire des choses blessantes à son passager, mais ne le fera pas forcément. Après un soupir, elle se lança : « Je vous emmène à l'hôpital. Estimez-vous chanceux d'être encore en vie... Si on peut appeler ça de la chance. » Ce n'était pas passé loin pour qu'elle lui crie ses quatre vérités. Ses mains tremblent sur le volant à cause de l'adrénaline qui court dans son sang. Espérons qu'aucun wendigo ne les suivent car la voiture est un piètre abri face aux griffes acérées de ces monstruosités.
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Dernière édition par Cirilla Blackwell le Lun 14 Déc - 21:11, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: CIRILLA + one last breath.   Mar 10 Nov - 12:47

ONE LAST BREATH.
cirilla & nate

Le reflexe. Mes deux mains qui s’élèvent devant moi. Volonté de protéger ce corps déjà meurtris. Reflexe inutile face à ce que je devine être une voiture. Et bientôt le contact du métal froid contre la paume de mes mains. Un tremblement. Une nouvelle perle de sueur dansant sur mon front. Mon regard qui se fige dans l’obscurité. Sur un pare-brise derrière lequel je ne distingue pas le moindre visage. Seulement une silhouette qui semble tout aussi surprise que moi. Ma respiration haletante. La portière qui s’ouvre sur une silhouette féminine. De longs cheveux bruns tombant en cascade. Elle ne semble pas se poser de questions, se dirigeant vers moi d’un pas décidé. Je ne m’en pose pas d’avantage quand ses mains se posent sur moi, m’incitant à me reposer sur elle. Ce que je fais sans ne jamais opposer la moindre résistance, me laissant guider jusqu’au siège passager de sa voiture. Reposer ma tête et mon corps. Retrouver mon souffle. Fermer les yeux. Quelques secondes. La voiture qui redémarre. Alors, j’ouvre les yeux. Mon corps se crispe quand je l’aperçois dans le rétroviseur intérieur. Une simple silhouette blanchâtre traversant la route sur laquelle je me trouvais quelques secondes plus tôt. Lentement, je laisse ma tête retomber sur le côté. Vers elle. Les traits de son visage, résignés. Je sais qu’elle l’a vu, elle aussi. Je peux la voir se mordre la lèvre, comme pour retenir des mots qui l’étouffent. Un soupir, puis sa voix qui brise un silence devenu pesant. « Je vous emmène à l'hôpital. Estimez-vous chanceux d'être encore en vie... Si on peut appeler ça de la chance. » Un léger rire s’échappe à mes lèvres, provoquant un rictus de douleur. Mes doigts se crispent alors autour de la plaie. Chanceux. Je suis loin de l’être. La définition même du terme était loin de se prêter à ce qui m’attendait à présent. « Peut-être aurais-je été plus chanceux de perdre la vie ! » Je laisse ma tête balancer de l’autre côté, jusqu’à ce que mon front rencontre la fraicheur de la vitre. Les idées m’envahissent. Anastasia. Gabriel. Elizabeth. Des visages. Les conséquences de cette blessure. Je serre les dents alors que des larmes se forment aux coins de mes yeux. « Je ne peux pas aller à l’hôpital ! » Je ne veux pas qu’ils sachent. Personne ne doit savoir. Je ne veux pas inspirer la peur, ni la méfiance ou la pitié. Je ne veux pas que ma famille sache. Je ne veux pas que mon épouse sache. Ni même mes collègues. Personne.

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MessageSujet: Re: CIRILLA + one last breath.   Dim 15 Nov - 18:12



one last breath
cirilla & nathanael

Décidément, Cirilla ne comprendra jamais ces gens qui comme sa mère se mettent en danger chaque nuit pour éliminer des wendigos. Même si le corps est détruit, l'esprit s'en échappe et disparaît le temps qu'un autre inconscient fasse acte de cannibalisme. Le wendigo réapparaît alors. C'est un cercle vicieux où il y a plus de perte chez les humains que chez ce monstre. Des familles entières souffrent et se déchirent à la suite de la perte d'un être cher. Ne serait-ce pas plus simple que tout le monde soit au courant de l'existence d'une telle créature dans la forêt de Blackwood. Ne dis-t-on pas que le savoir c'est le pouvoir. Si tout le monde savait et croyait en la vérité, personne n'irait se perdre dans cette forêt maudite en pleine nuit. Les gens feraient un peu plus attention. Et surtout, les chasseurs ne seraient pas obligés de protéger les gens. Ils resteraient avec leur famille devant un bon feu de cheminée à se raconter leur journée plutôt qu'être dehors, un lance-flamme sur le dos et un pourcentage de chance de revenir à la maison proche de zéro. Mais cette réalité est devenue une légende, voir pire, juste des histoires de science-fiction, assez bonnes pour faire un bon jeu vidéo. Pour Ciri, c'est un rappel que c'est ceux qui restent en vie qui en souffre le plus. La vie est bien trop courte pour la gâcher à traquer une bête meurtrière.  

Est-ce qu'il a pensé aux gens qu'il aime et qui l'aiment lorsque le monstre aux longues griffes lui ont lacérées le flanc ? Est-ce qu'il a une femme et des enfants ? Savent-ils ce qu'il fait ? Craignent-ils comme elle il y a dix ans qu'il meurt ? La jeune femme aimerait poser toutes ces questions, juste pour enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie. Ce n'est pas l'envie qui lui manque, seulement à quoi cela lui servirait ? « Si vous le dites... » Fut sa seule réponse. Concentrée sur la route, à l'affût du moindre mouvement qui trahirait la présence d'une de ces créatures, les yeux verts de Stone s'arrêtèrent quelques instants sur l'avant de la voiture. Elle pouvait voir grâce aux phares de la voiture, deux traces bien distinctes de sang, là où il avait posé ses mains comme si à sa seule force physique il aurait pût arrêter la voiture, un élan d'instinct de survie. Une nouvelle fois, la voix fatiguée de l'étranger prit le pas sur le silence, la benjamine des Blackwell y décela une pointe d'affliction. « Vous avez perdu trop de sang ! A ce stade, du mercurochrome et un sparadrap ne suffiront plus. » Elle ne pouvait pas le forcer à aller à l'hôpital et même si elle le faisait, il risquait de sortir de la voiture et combien de temps survivrait-il blessé, fatigué et avec les wendigos dans les environs ? Cependant, il y avait bien un autre moyen, une personne pouvait les aider et si elle lui demandait, il garderait le silence. C'est au vétérinaire de son chat, maintenant à la retraite que Cirilla pensait.

Une fois fixée, la chasseuse appuya sur le champignon vers la maison du vieil homme. Sa colère est passé et l'angoisse de voir le jeune homme tomber dans les pommes commença à mêler à la peur qu'un wendigo les attaque. Le faire parler, c'était le seul moyen de le garder éveiller le temps d'y arriver. « Vous... Vous savez qu'est-ce que c'était ? La chose qui vous a attaqué ? Vous savez ce qu'il va vous arriver dans les prochains temps ? » Elle ne savait pas que lui aussi était un chasseur. Elle ne l'avait pas vu avec son lance-flamme. Elle ne savait pas non plus que son passager était inspecteur de police. Jusqu'à présent, elle n'a jamais eu de soucis avec les forces de l'ordre, et puis, elle ne connaissait pas tout le monde dans la ville. De plus, ce n'était pas lui qui avait enquêté sur la mort de sa mère il y a dix ans. Celui qui a été sur le dossier était stupide. Il avait clos le dossier rapidement avec comme conclusion que Jemma Blackwell a été tuée par des loups.

L'un des derniers virages étaient très serré, malgré l'allure, Cirilla le réussit sans finir dans le fossé. « Tenez le coup on y est presque. » Se sentit-elle obligé de dire. Bien qu'elle roulait vite, elle avait l'impression de ne jamais voir le bout de la route. Tout au long, ils ne croisèrent personne. Cela devait être rassurant, la brunette ne se voyait pas devoir aider d'autres inconscients.
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MessageSujet: Re: CIRILLA + one last breath.   Mer 18 Nov - 19:05

ONE LAST BREATH.
cirilla & nate

« Vous avez perdu trop de sang ! A ce stade, du mercurochrome et un sparadrap ne suffiront plus. » Un regard dans sa direction. Un simple regard qui en dit pourtant long. A sa place, je sais que j’aurais eu la même réaction. Je n’aurais pas laissé le choix à qui que ce soit. J’aurais pris la décision à sa place. La vie d’une personne prévalait sur ce qu’elle voulait. Parce que de ma plaie s’échappait beaucoup trop de sang. Parce que de ma peau s’échappaient perles de sueur. Parce que ma peau prenait des teintes blanchâtres inquiétantes. Parce que mon corps tout entier tremblait de froid. Je grimace de douleur. Je grimace à l’idée que mes collègues puissent apprendre que je me trouvais dans la forêt cette nuit. Je ne veux pas avoir à trouver d’excuses pour justifier que je me trouvais dans les bois, en pleine nuit, au lieu d’être aux côtés de ma femme et de mes enfants. Je ne veux pas subir le regard de mon père. Ni le moindre jugement. Je ne veux pas qu’Ana s’inquiète pour moi. Je ne veux pas avoir à lui expliquer. Je sais qu’elle n’accepterait pas, que je devrais lui mentir, encore une fois. Je déglutis. Je suis un Copeland. L’exemple de la famille. Celui qui a des principes, celui qui s’est marié et a eu des enfants. Le chasseur. Le policier. Celui qui a choisi le droit chemin. Celui qui fait ce qu’on lui a enseigné. Celui qui marche dans les clous. Celui dont on est fier. Je ne veux pas être celui qui a déçu. Je ne veux pas être celui qui n’a pas su se défendre, celui qu’on blâme, qu’on plaint, celui pour qui on a de la pitié. Je veux pouvoir nier ce qui va m’arriver. Dans les jours à venir. Dans les semaines à suivre. Je veux pouvoir nier être une victime de plus. Je veux continuer à être le fils prodigue. Celui qui règle les problèmes plus qu’il ne les cause. Je ne veux pas être une victime. Je ne veux pas que le regard des gens, sur moi, ne change.

« Vous... Vous savez qu'est-ce que c'était ? La chose qui vous a attaqué ? Vous savez ce qu'il va vous arriver dans les prochains temps ? » La tête contre le carreau, je la regarde. Je devine la façon dont elle hésite à poser la question. Comme si elle connaissait déjà la réponse. Comme si elle hésitait sur ce qu’elle devait dire, sur la façon dont elle devait ou pouvait aborder le sujet. Mon regard, sur elle, reste impassible. Je la dévisage. Une fraction de seconde. Je n’ai jamais aimé évoquer la question avec qui que ce soit étranger à ma famille, contraint à vivre dans le mensonge du foyer que j’ai bâtis avec Anastasia. « Un loup ! » Ma réponse est sèche, nette, sans appel. Une voie intérieure me crie qu’il faut que j’arrête de me méfier, que tout dans son attitude indique qu’elle sait, qu'elle connait la vérité. Pourtant, je ne parviens pas à me résigner. Ne pas en parler à la population. Les protéger. Toujours. Quoi qu’il arrive. Éviter un mouvement de panique. Ou pire encore, une chasse organisée sur leur territoire.

« Tenez le coup on y est presque. » Je grimace de douleur alors que la voiture prend un virage plus serré que les autres. Ou alors, est-ce parce que j’y pense ? A ce qu’il va m’arriver. Dans les prochains temps. Je le sais. Je l’ai vu. Trop souvent. Je grimace. Une fois encore. De douleur. Ou sous l’effet du chagrin. De la honte. De la peur. Mes émotions se mélangent. Mes idées s’entremêlent. Rien ne serait plus jamais comme avant. Et ce constat m’effraie. « Cette infection… Celle qui est… Enfin. Transmise par les loups… » Je ferme les yeux, appuie mon front contre la vitre. Faire descendre la fièvre. Organiser mes pensées. Ne pas paniquer. « Qu’est-ce que vous en savez ? »

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MessageSujet: Re: CIRILLA + one last breath.   Lun 14 Déc - 21:02



one last breath
cirilla & nathanael

A présent, on pouvait distinguer au loin les lumières de Blackwood. En les voyant, Cirilla Stone Blackwell se rappela l'impatience éprouvée le matin-même lorsqu'elle avait pensé à sa famille. Aussitôt, elle ressentit un pincement au cœur. Elle n'avait pas encore eu le temps de les prévenir de son grand retour à la maison. Ils devaient certainement dormir à l'heure qu'il est. Et pendant ce temps, la benjamine roule à vive allure sur la route pour sauver une vie. Ce n'était qu'une question de minutes avant qu'ils arrivent jusqu'à la maison du vétérinaire. Heureusement, parce que Cirilla n'est pas certaine que l'homme allait tenir le coup encore longtemps. C'était déjà un miracle qu'il soit encore conscient après avoir perdu autant de sang. « Un loup ! » Déclara-t-il lorsque poussé par la curiosité, la jeune femme aux yeux verts lui demanda qu'est-ce qui l'avait attaqué. Sans retenue, elle laissa échapper un petit ricanement. Elle en avait marre de se taire. Marre que les gens déforment la réalité, trop trouillard pour admettre qu'une telle abomination existe...

Puis, comme un flash, les paroles du policier lui reviennent à l'esprit « Peut-être aurais-je été plus chanceux de perdre la vie ? », « Je ne peux pas aller à l'hôpital. » Ce sont des phrases que seul quelqu'un qui sait aurait pu dire. D'autres l'auraient supplié d'aller plus vite pour les emmener se faire soigner. Ils se seraient également estimés chanceux d'être encore en vie. Etait-il comme elle ? Un descendant des Holloway ? Ou était-ce quelqu'un comme son père ? Étranger à la ville qui par malheur est tombé sur un ou plusieurs wendigo(s). Deux émeraudes se posèrent sur le passager. Ils cherchèrent à percer l'obscurité espérant reconnaître  l'inconnu à côté d'elle. Peut-être l'avait-elle déjà croisé... Ou peut-être pas. Difficile à dire dans l'obscurité.

Après un temps de silence, ce qui lui parut des heures, la brunette écarta la veste de la blessure avec précaution pour ne pas faire mal à Nathanaël. « Drôle de blessures pour des griffes de loup. Un peu trop profonde vous ne trouvez pas ? Ou alors une louve a fait des petits avec Edward aux mains d'argent. » Sa voix n'était que glace lorsque la jeune femme lui adressa ces quelques paroles. Sa colère bouillonnait toujours dans ce petit corps. Elle connaissait les risques si elle lui parlait du wendigo. Beaucoup d'autres avant elle s'y était risqué, on s'est moqué d'eux, on les a rejeté, on les a traité de fou et parfois même, ils ont fini en hôpital psychiatrique ou en prison. Cirilla n'a encore rien eu de tout cela. Elle a certes fait certaines choses qui lui ont valus une garde à vue, il y a un an. Mais, elle n'avait jamais parlé du monstre dans la forêt. Et ce grand secret que les chasseurs doivent garder l'a fait souffrir. Inconsciemment, elle s'était mise en retrait, par peur de s'attacher à quelqu'un qui une nuit perdra la vie... Ou deviendra une de ces créatures... La Blackwell avait donc peu d'amis en dehors des membres de sa famille, cousins éloignés y compris.

Seulement, elle avait presque la certitude que lui, il la croirait. Qu'il savait mais n'osait pas dire à voix haute la terrible réalité. « Cette infection… Celle qui est… Enfin. Transmise par les loups…  Qu'est-ce que vous en savez ? » Le voilà a présent hésitant, allait-il enfin cracher le morceau ou espérait-il que Ciri fasse le premier pas ? Vu ce que la jeune chasseuse avait dit précédemment, elle avait déjà un pied dans le plat, il ne lui manque plus que l'autre pied. « Ce que j'en sais ? Ce sont des foutaises tous ça. » Parfois, Ciri à l'impression que c'est son père qui parle à sa place. Ces mots à lui sortait de sa bouche tellement naturellement et cela ne lui parut nullement bizarre. Depuis dix ans, il a élevé ses enfants seul et c'est très bien débrouillé. Sous ces airs bourrus, c'était un père aimant. Ciri était fière d'être sa fille et elle savait qu'il était fier d'elle. « Vous connaissez les symptômes de cette ''infection lupine'' ? La faim. L'insensibilité au froid. La vision qui diminue. La peau dure. Un teint de vampire... Vous trouvez que c'est une maladie transmise par un animal ça ? Pas moi. La vérité, c'est qu'il existe une créature dans cette forêt et que les gens ont trop peur pour croire à son existence. Et du coup, on préfère donner une explication rationnelle pour une chose qui ne l'est pas du tout. » Elle était à deux doigts de tout révéler quand soudainement, une biche traversa la route en toute hâte. En braquant le volant, Cirilla l'évita de justesse et continua sa folle traversée dans la ville de Blackwood.

L'aube pointait le bout de son nez à l'horizon lorsque la voiture de Cirilla s'immobilisa devant une élégante maison. Il n'y avait pas un chat dans la rue. Tout était silencieux en cette fin d'été. En hâte, la brunette sortis de son véhicule et alla frapper à la porte du vieil homme. Elle n'avait plus rien dit depuis l'apparition de la biche. Il n'y avait plus rien à dire de toute façon. Le Copeland avait beaucoup de mérite d'être encore vivant. Peut-être que la transformation avait déjà débuté ? Après avoir frappé aussi fort que lui permettait son petit corps de femme, Ciri retourna auprès du blessé. En ouvrant la portière, elle fit de son mieux pour l'empêcher de basculer vers l'extérieur. Dans son dos, une voix masculine se fit entendre « Cirilla ? Que se passe-t-il ? » Elle lui adressa à peine un regard, trop préoccupée par l'étât de l'étrangé. « Il faut faire vite. » Etrangement, l'homme aux cheveux grisonnant ne posa aucune question. Il aida la Blackwell à déplacer Nathanaël, les firent entrer dans une pièce au fond du couloir. Une chambre semble-t-il. Puis il s'éclipsa et réapparut presque aussitôt avec toutes sortes de bidules qui ne disaient rien à la chasseuse. « Il vaudrait mieux que tu attends dehors." »Comme si quelqu'un venait de lui poser un lourd fardeau sur les épaules, Cirilla ressentis subitement la fatigue. Elle obtempéra sachant que le jeune homme était entre de bonnes mains. Une fois la porte fermée, elle se laissa glissé sur le sol et attendis...
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